Un modèle culturel : la passion et l’esprit des chinois pour apprendre

Les conceptions de l’intelligence diffèrent selon les cultures : les conceptions africaines mettent en avant la sagesse, la sincérité, l’attention sociale et la responsabilité. Les Japonais mettent davantage l’accent sur les différentes compétences sociales comme la sociabilité des individus leur capacité à sympathise avec les autres. De même, dans l’apprentissage, les élèves occidentaux s’intéressent davantage aux caractéristiques individuelles, l’indépendance, l’efficacité dans la tâche, la compétition, l’estime de soi et les compétences sociales, alors que les japonais sont plus orientés vers l’obéissance à l’autorité, l’esprit de persévérance, et la persévérance, comme le « seishin » , l’attitude mentale qui aide les individus à aborder une tâche, ou le « gambaru » l’orientation positive vis à vis des bénéfices intrinsèques de la persistence.

La recherche internationale sur les élèves asiatiques a montré qu’ils avaient une meilleure réussite que les élèves occidentaux dans les mathématiques et les sciences, et différents facteurs ont été identifiés : des attitudes communes aux parents et aux élèves en termes d’exigences à réussir et des attitudes positives vis à vis de l’apprendre, la considération que l’effort finit toujours par payer en termes de réussite scolaire, une motivation tournée vers la satisfaction de buts collectifs, celui de la famille d’abord, mais aussi de la communauté, avec ses attentes et son sens de l’honneur.

Mais une étude plus approfondie sur les motivations et le langage sur l’apprendre montre aussi que le modèle d’apprentissage chinois met davantage l’importance sur la recherche de connaissances que sur la réussite. La passion et l’esprit d’apprendre (hao-xue-xin) se caractérise par 4 composantes essentielles :  1)  la poursuite d’un apprentissage tout au long de la vie 2) un plan d’action qui implique diligence, affrontement des épreuves, persistance, et concentration c) l’humilité 4) la culture du désir d’apprendre. C’est donc une dimension à la fois morale et personnelle, et non seulement cognitive qui guide l’apprentissage des élèves. De par ces attitudes, les élèves chinois cherchent à acquérir des méthodes d’apprentissage efficaces et saisissent toutes les occasions pour s’engager dans des activités d’apprentissage pour assurer la maîtrise et l’intégration des connaissances. Cet apprentissage révèle une dimension émotionnelle forte au sens où le bonheur d’apprendre se conjugue avec un sentiment de gratitude envers la famille, et la honte et le sentiment de culpabilité resurgit quand ces conditions ne sont pas réunies. Ils voient aussi la réussite et l’échec comme un processus normal dans l’apprentissage, et trouve une source de motivation supplémentaire dans la difficulté.  Cela va bien au delà de la réussite et du sentiment d’auto-efficacité que l’on peut observer parmi les élèves occidentaux.

Source : Li, J. (2002). A cultural model of learning: Chinese “heart and mind for wanting to learn”. Journal of Cross-Cultural Psychology33(3), 248-269.

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