Transformer l’établissement scolaire par les médias sociaux. L’histoire d’Eric Sheninger, chef d’établissement (1)

Eric Sheninger est maintenant senior fellow au Centre international pour le leadership dans l’éducation et les partenaires de la réussite scolaire, et directeur de la technologie et de l’innovation de la maternelle au lycée au sein du district scolaire de Spotswood, dans le New Jersey. Il est l’auteur de Digital leadership : Changing Paradigms for Changing Times (Corwin, 2014).

Voir son site : http://ericsheninger.com

Récit

En 2009, en tant que chef d’établissement de New Milford, dans le New Jersey, j’ai apporté un petit changement qui a finalement transformé mon style de leadership et mon établissement. Je suis passée des formes traditionnelles de communication avec les familles et les membres de la communauté – bulletins d’information et courrier électronique – à l’utilisation des médias sociaux. D’un clic de souris, j’ai créé mon compte Twitter et modifié le cours de mon leadership pédagogique.

Twitter a été ma première étape dans une stratégie de communication par les médias sociaux qui s’est étendue à toute une gamme d’outils et d’approches. Ce qui rendait ces outils différents de tous ceux que j’avais utilisés auparavant était leur pouvoir d’aller dans toutes les directions. Qu’il s’agisse d’envoyer des mises à jour sur les annulations de cours ou de tweeter sur les projets des élèves, en quelques clics, je pouvais partager des idées et des informations avec les élèves, leurs familles, les membres de la communauté éducative et le monde entier – tout en invitant chacun à répondre.

Cette transformation a nécessité plus que de nouveaux outils. Mes collègues et moi-même avons dû opérer des changements pédagogiques et philosophiques, qui ont eu un profond impact sur les élèves de New Milford et notre communauté scolaire. Chacune de ces transformations a été très importantes pour moi personnellement. Le fait de nous voir, mes collègues et moi, apprendre de nouvelles choses, aller au-delà des frontières géographiques et prendre des risques a offert un modèle formidable pour nos élèves.

En exploitant les médias sociaux pour renforcer l’impact de notre établissement sur les apprentissages et notre image, j’ai découvert les principes clés d’une communication efficace grâce aux outils digitaux : transparence, flexibilité et accessibilité.

Exploiter le pouvoir de la transparence

Le pouvoir de l’usage des médias sociaux réside dans la capacité à engager les membres de la communauté scolaire dans des communications bidirectionnelles. Des outils comme Instagram, Twitter, Google+ et YouTube me permettent de partager des informations sur mon établissement plus fréquemment et plus précisément comme de fournir des mises à jour en temps réel – ce qui permet d’impliquer davantage de membres de la communauté scolaire que les méthodes traditionnelles. Les enseignants, les parents et même des personnes extérieures ont commencé à apporter des idées au projet de New Milford.

Pour cela, j’ai dû m’engager à un nouveau niveau de transparence et d’ouverture. Cela signifiait parfois partager les défis comme les succès et m’ouvrir aux réactions de chacun.

Ce fut le cas lorsque je me suis attaqué à la culture de la notation au lycée de New Milford en 2012. À l’époque, nos politiques de notation étaient similaires à celles de la plupart des établissements scolaires américains. Cependant, après avoir examiné les dernières recherches sur la notation et réfléchi à ce qui était le mieux pour nos élèves, je savais que nos comportements actuels devaient changer. Il était crucial de fournir des informations détaillées à tous les membres de la communauté scolaire.

Le changement de notation a été l’un des changements les plus difficiles à réaliser. Lorsque j’ai annoncé à mon personnel que nous allions revoir notre culture de notation, ils ont réagi par des questions, du scepticisme et du ressentiment. Au cours des premières conversations, j’ai présenté des recherches récentes, dont certaines ont été recueillies par le biais des médias sociaux, pour servir de base à la modification de notre système. Les médias sociaux m’ont également permis de partager avec le personnel les points de vue d’autres éducateurs des États-Unis sur la notation. Le fait de montrer aux enseignants comment leurs collègues d’autresétablissements s’attaquaient à la notation pour rendre l’évaluation des apprentissages plus bénéfique pour les élèves a beaucoup contribué à promouvoir ce changement.

Ensemble, nous avons abordé des questions difficiles (Que signifie réellement une note en lettres ? Comment mesurer l’apprentissage desélèves ?). Un grouped’enseignants bénévoles a aidé à établir de nouvelles directives pour la notation et des structures d’accompagnement axées sur l’apprentissage des élèves. Parmi celles-ci, on peut citer

– L’usage de plusieurs formes d’évaluation.

– La promotion des retours d’évaluation (feedback)

– L’élimination des zéros ; les élèves devaient continuer à essayer jusqu’à ce qu’ils obtiennent une note de 10 ou plus pour tout travail noté.

– L’obligation pour les enseignants de répondre à sept critères avant de donner une note à un élève.

Pour que les parents et les élèves soient pleinement conscients des changements et des raisons pour lesquelles nous les avions apportés, j’ai commencé à publier cette nouvelle politique sur mon blog de chef d’établissement. Avant d’adopter les médias sociaux, j’aurais écrit une note de service traditionnelle – qui aurait pu ou non être adressée aux parents – et j’aurais placé l’information sur le site web de l’école. La visibilité et l’accès à l’information auraient été limités. Nous avons placé les informations dans le manuel de l’élève, dont le lien se trouvait sur le site web de l’école, mais le fait de bloguer augmentait les chances que l’ensemble de la communauté scolaire les voit. J’ai fait passer les messages en utilisant un arsenal d’outils de médias sociaux et notre application scolaire, avec un lien hypertexte vers mes articles de blog inclus.

J’ai reçu un tsunami de tweets et de commentaires sur le blog. De nombreux commentaires provenaient d’autres éducateurs et offraient un aperçu de la philosophie de la notation, y compris des commentaires de collègues du monde entier qui partageaient mes articles. Quelques-uns provenaient de parents qui demandaient des précisions. Un élève a ouvertement soutenu la création d’un système plus axé sur l’apprentissage que sur l’effort d’estampillage de qualité avec des lettres et des chiffres. Une plus grande discussion sur les pratiques efficaces de notation a eu lieu sous mes yeux.

Il a fallu du temps pour examiner ces commentaires et y répondre, mais en tant que leader cherchant à améliorer les pratiques inefficaces, j’ai estimé que c’était du temps bien utilisé. La transparence et le dialogue ouvert nous ont permis d’obtenir le soutien des parties prenantes.

De nombreux commentaires ont soutenu notre raisonnement pour la création d’un système différent, des commentaires représentant différents points de vue ont remis en question ma façon de penser et m’ont donné l’occasion d’affiner les changements de notation que nous avions apportés. L’un des commentaires portait sur l’importance d’éviter une situation dans laquelle un projet majeur peut avoir un effet très négatif sur la note globale d’un élève. Avec ces informations en main, nous avons veillé à façonner notre politique pour éviter ce scénario.

En 2009, en tant que chef d’établissement de New Milford, dans le New Jersey, j’ai apporté un petit changement qui a finalement transformé mon style de leadership et mon établissement. Je suis passée des formes traditionnelles de communication avec les familles et les membres de la communauté – bulletins d’information et courrier électronique – à l’utilisation des médias sociaux. D’un clic de souris, j’ai créé mon compte Twitter et modifié le cours de mon leadership pédagogique.

Twitter a été ma première étape dans une stratégie de communication par les médias sociaux qui s’est étendue à toute une gamme d’outils et d’approches. Ce qui rendait ces outils différents de tous ceux que j’avais utilisés auparavant était leur pouvoir d’aller dans toutes les directions. Qu’il s’agisse d’envoyer des mises à jour sur les annulations de cours ou de tweeter sur les projets des élèves, en quelques clics, je pouvais partager des idées et des informations avec les élèves, leurs familles, les membres de la communauté éducative et le monde entier – tout en invitant chacun à répondre.

Cette transformation a nécessité plus que de nouveaux outils. Mes collègues et moi-même avons dû opérer des changements pédagogiques et philosophiques, qui ont eu un profond impact sur les étudiants de New Milford et notre communauté éducative. Chacune de ces transformations a été très importantes pour moi personnellement. Le fait de nous voir, mes collègues et moi, apprendre de nouvelles choses, aller au-delà des frontières géographiques et prendre des risques a offert un modèle formidable pour nos élèves.

En exploitant les médias sociaux pour renforcer l’impact de notre établissement sur les apprentissages et notre image, j’ai découvert les principes clés d’une communication efficace grâce aux outils digitaux : transparence, flexibilité et accessibilité.

Source : http://www.ascd.org/publications/educational-leadership/apr15/vol72/num07/Transforming-Your-School-with-Digital-Communication.aspx

Voir le site d’Eric Sheninger : http://ericsheninger.com