Singapour : Diversifier les contenus scolaires et les parcours des élèves

En 1997, Le ministre Go à Singapour prononçait un discours sur le thème « Penser les écoles Une nation apprenante » qui faisait suite à une publication de 1987 « Vers l’excellence en éducation », laquelle avait marqué le début des réformes de l’éducation singapourienne en réponse aux enjeux de la globalisation. S’était amorcé un processus de décentralisation donnant plus d’autonomie au niveau des établissements scolaires avec la création d’unités éducatives autonomes. Ce mouvement a donné plus de liberté pédagogique aux établissements en leur permettant de mieux s’adapter localement.  Le mouvement a été renforcé par l’initiative gouvernementale « Enseigner moins, apprendre davantage ». Dans son discours de 1997, le ministre Go demandait que les institutions éducatives répondent au défi d’une économie de la connaissance en utilisant de manière plus réflexive et critique les connaissances plutôt que de se limiter à la maîtrise des contenus dans les examens.  Ce discours a conduit à d’importantes initiatives réformatrices dans les écoles de Singapour avec un programme ambitieux de réforme pédagogique se détachant de la logique des examens attaché à des programmes scolaires et plus centré sur l’innovation et la créativité. Un plan numérique a été mise en œuvre pour développer les technologies de l’information. La pensée critique et créative a été mis au centre des contenus scolaire et l’idée de former la citoyenneté des élèves de Singapour en termes d’identité, de fierté, de respect de soi a été mise en avant.  De profonds changements ont été initiés pour donner davantage de flexibilité et multiplier les passerelles dans les parcours scolaire des élèves particulièrement les plus défavorisés. Plus d’options ont été proposées aux élèves avec plus d’orientations flexibles mais aussi plus de diversification dans les contenue scolaires donnant plus de choix aux élèves les plus défavorisés dès l’école primaire.  Au niveau de l’enseignement secondaire, un rapprochement s’est opéré entre l’enseignement général et l’enseignement technique pour faciliter ces passerelles et offrir des contenus communs aux élèves. Les élèves ont aussi la possibilité de s’orienter dans des écoles spécialisées ou dédiées à certains groupes d’élèves en fonction de leurs compétences. Des écoles se sont spécialisées sur certaines parties des contenus scolaires en accueillant des profils d’élèves spécifiques en occupant des « niches » par exemple dans les nouvelles technologies, certaines pratiques sportives, les arts, l’enseignement des sciences, etc. La sélection et le recrutement des élèves se fait au niveau de l’établissement en fonction des profils d’élèves et de ses choix curriculaires. Le ministre Go a affirmé la nécessité de repenser le système d’évaluation des élèves en les encourageant à développer leurs compétences réflexives et leur esprit d’innovation pour être capable de trouver différentes solutions dans la résolution d’un problème. Les pratiques d’évaluation se sont diversifiées dans les établissements scolaires mais les examens et tests demeurent un enjeu de réussite et de sélection dans le système éducatif singapourien parfois au détriment de la qualité des apprentissages des élèves. C’est la raison pour laquelle le premier ministre Lee appelait en 2004 à la sortie d’une logique pédagogique centrée sur la performance pour développer davantage le sens de l’enquête, de l’expérimentation, et de l’exploration parmi les élèves. Pour cela, des ressources et des outils ont été fournies aux établissements scolaires pour développer l’innovation dans les contenus enseignés et pour soutenir les initiatives des enseignants en ce domaine. La création de communautés d’apprentissage professionnel a été encouragée au niveau des établissements ainsi que le travail en réseaux. Il a été recommandé que les élèves vivent davantage d’expériences en dehors de la classe et que l’on mette l’accent sur le développement des compétences non-académiques. La période de 1997 à 2010 peut être considérée comme un « big bang » du système éducatif à Singapour avec l’idée de développer les compétences et les connaissances pour le XXIe siècle parmi les élèves mais aussi les enseignants. Si les mathématiques, les sciences et les langues, ou encore les humanités continuent d’occuper une place importante dans les programmes scolaires, ceux-ci se sont orientés vers une approche en termes de résolution de problème résolument interdisciplinaire.

Source Lee, M. H., & Gopinathan, S. (2015). Globalization and Education Reforms in Hong Kong and Singapore. In Second International Handbook on Globalisation, Education and Policy Research (pp. 695-715). Springer, Dordrecht.

 

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