Réformes de l’éducation. Une possible 4e voie selon Andy Hargreaves

La quatrième voie est une voie d’inspiration et d’innovation, de responsabilité et de développement durable. La quatrième voie ne conduit pas des réformes sans relâche par l’intermédiaire des enseignants, elle ne les utilise pas comme dernière chaîne d’exécution des politiques gouvernementales, pas plus qu’elle ne les transforme en un tourbillon de changements définis par des programmes politiques à court terme et alignés sur des intérêts particuliers. Elle réunit plutôt politique gouvernementale, participation professionnelle et engagement du public autour d’une vision sociale et éducative inspirée par la prospérité, un espace des possibles et une créativité dans un monde où l’inclusion, la sécurité et l’humanité sont plus grandes.

La Quatrième voie va au-delà de la standardisation, de la prise de décision fondée sur des données et des diversions obsédées par des objectifs pour forger un partenariat égal et interactif entre les individus, la profession enseignante et le gouvernement. Elle permet aux responsables de l’éducation de  » lâcher prise  » sur les détails du changement, en orientant largement leur action chaque fois qu’ils le peuvent et en n’intervenant directement que lorsqu’ils doivent le faire – pour rétablir la sécurité, éviter les dommages et éliminer l’incompétence et la corruption du système.

La quatrième voie implique un compromis pour les éducateurs. Elle libère les enseignants de l’emprise renforcée du contrôle du gouvernement. Elle réduit également leur autonomie par rapport aux parents, aux communautés et au public. Les parents s’impliquent davantage dans la vie quotidienne de l’éducation de leurs enfants, les membres de la communauté locale deviennent plus visibles et s’expriment davantage dans les écoles, et le public s’engage à déterminer ensemble les objectifs de l’éducation plutôt que de simplement consommer les services qui lui sont fournis.

La quatrième voie apporte le changement par la démocratie et le professionnalisme plutôt que par la bureaucratie et le marché. Elle transfère la confiance en une concurrence discréditée entre les écoles pour réinvestir dans l’expertise de professionnels hautement qualifiés et bien considérés. En même temps, elle réduit la politique bureaucratique tout en dynamisant la démocratie du public. Cela signifie un changement fondamental dans le professionnalisme des enseignants, en leur redonnant une plus grande autonomie par rapport au gouvernement et en introduisant plus d’ouverture et d’engagement à l’égard des parents et des communautés locales. La quatrième voie signifie donc un changement significatif pour tous – gouvernements, parents et syndicats d’enseignants.

Pour cela, elle repose sur :

  • Six piliers en termes d’objectifs et de partenariats qui accompagnent le changement
  • Trois principes du professionnalisme pour conduire le changement
  • Quatre catalyseurs de cohérence qui rende ce changement durable tout en faisant tenir les choses ensemble.

 

Source Hargreaves, A. P., & Shirley, D. L. (Eds.). (2009). The fourth way: The inspiring future for educational change. Corwin Press.

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