Conférence sur la privatisation de l’éducation publique au Chili

Le livre concernant la privatisation de l’éducation publique au Chili a été présenté dans la salle Eloísa Díaz de la Maison centrale de l’Université du Chili. À travers 18 chapitres, il tente comprendre de manière critique les processus de transformation du système éducatif qui s’est imposé au Chili au cours des dernières décennies. Ce livre est publié par LOM, il a été édité par Carlos Ruiz Schneider, Leonora Reyes Jedlicki et Francisco Herrera Jeldres, des professeurs des universitaires de la Faculté de philosophie et des sciences humaines.

Carlos Ruiz Schneider, doyen de la Faculté de philosophie et des sciences humaines de l’Université du Chili explique que ce livre développe  « une approche critique, pour provoquer une réflexion plus approfondie sur les politiques qui introduisent des perspectives marchandes dans les universités, tout en installant des systèmes de contrôle et de discipline des universitaires et des étudiants ».

Il s’agit d’un texte robuste dans lequel des experts chiliens, latino-américains, nord-américains et européens apportent leurs contributions, en générant une masse critique d’arguments qui, selon les éditeurs, « permettent une compréhension plus détaillée des politiques de privatisation de l’éducation publique qui sont actuellement à la base des projets éducatifs hégémoniques au Chili, en Amérique latine, aux Etats-Unis et même en Europe ».

Avec des approches méthodologiques diverses, issues de la sociologie, de l’histoire, de la philosophie, des sciences politiques et des sciences de l’éducation, l’ouvrage dresse une carte conceptuelle qui relie les systèmes éducatifs aux notions de démocratie, de participation citoyennemis à l’épreuve de conceptions économiques  de plus en plus insérées dans les systèmes éducatifs.

 

Éducation, citoyenneté et émancipation

Le livre a été présenté dans la salle Eloísa Díaz de la Maison centrale de l’Université du Chili le jeudi 28 mars 2019. Dans son adresse, Romuald Normand, professeur à l’Université de Strasbourg, comparait les scènes française et chilienne et la nécessité de lutter « contre le chèque éducatif et la promesse d’un consommateur scolaire à qui toutes les opportunités sont offertes, ainsi que contre une bureaucratie aveugle aux réalités du terrain et incapable de corriger les inégalités entre élèves. »

« Il est nécessaire de réinventer de nouvelles réglementations qui réconcilient les élèves, les parents et les éducateurs avec leur école, pour qu’ils renouent avec une promesse démocratique émancipatrice et le travail plus juste entre les élèves et leurs familles. En ce sens, il a souligné la nécessité de faire confiance aux éducateurs et de leur offrir les possibilités nécessaires de créativité et d’innovation. » Cela exige de penser différemment l’autonomie de l’école, non pas par rapport à une autonomie au service du marché, mais au service du bien commun et de l’intérêt général. Dans son intervention, la professeure Jacqueline Gysling, universitaire au Département d’études pédagogiques de la Faculté de philosophie et des sciences humaines de l’Université du Chili et récemment conseillère au Conseil national de l’éducation (CNED), a évoqué le développement des systèmes éducatifs nationaux et les moyens d’y remédier. En suivant l’approche de la sociologue anglaise Margaret Archer, elle a souligné que la plupart du temps, la forme de l’éducation est un produit politique des luttes de pouvoir. « Pour comprendre la nature de l’éducation, nous devons savoir non seulement voir qui a gagné = pour le contrôle, mais aussi comment il a gagné ? Qui a perdu ? À quel point il a perdu ?

Quels sont les éléments du système que nous pouvons transformer, afin de ne pas rester avec la sensation que le système est impénétrable et où allons-nous le transformer ? En ce sens, le livre souligne une invitation à entamer une discussion publique approfondie sur ces questions.

Eduardo González, professeur d’histoire et membre de l’actuel conseil d’administration du Collège des professeurs, a abordé la présentation sous l’angle de la reconstruction du système éducatif public et du mouvement pédagogique au Chili. Il a souligné que cette publication constituait une contribution nécessaire à la compréhension du néolibéralisme dans l’éducation. « Le livre constitue une contribution pour les enseignants car il traite de la nature actuelle de la régulation de notre travail et de la redéfinition de notre identité et de notre subjectivité. Il visualise des tendances : si elles ne sont pas abordées par l’organisation, elles scelleront sa mort ».

Carlos Ruiz Schneider a souligné l’idée avec laquelle il a commencé la recherche en donnant une critique des politiques éducatives dans une perspective d’avenir et la nécessité de reconstruire une relation entre éducation et citoyenneté, dans un souci d’émancipation.

Source :

Traduction de l’article de Felipe Pozo et Cristian Vergara (2019), « Présentation d’un livre qui rassemble des essais sur la privatisation de l’éducation publique au Chili ». Repéré à http://www.filosofia.uchile.cl/noticias/152401/presentacion-libro-privatizacion-de-lo-publico-en-el-sistema-escolar

 

 

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