Pourquoi les pays participent à PISA ? (5) Le financement et l’aide au développement par Camilla Addey (Teachers’ College, Université Columbia, USA) and Sam Sellar (Université de Manchester, RU)

La participation des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire aux enquêtes internationales de résultats des élèves est souvent liée au financement et à l’aide au développement.  Les frais de participation et les coûts de mise en œuvre sont souvent pris en charge par les donateurs internationaux ou par les programmes d’aide bilatéraux. Les donateurs ont souvent besoin des données d’enquêtes internationales sur les résultats des élèves pour évaluer les progrès et, d’une manière moins directe, les comparaisons internationales servent à démontrer leur engagement en termes de reddition des comptes et de transparence, ce qui peut renforcer leur approbation. Les données de enquêtes internationales sont également utilisées comme preuves pour obtenir des fonds pour les activités d’éducation et ils sont susceptibles de devenir un critère primordial dans la redistribution du financement pour l’éducation. 

Les responsables des institutions d’aide internationale décrivent la participation des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire aux enquêtes internationales comme étant influencée par les donateurs (lockheed et al. 2015). Cependant, nous considérons que cette seule justification explique rarement la participation et qu’aucun pays ne participe sans être également orienté par d’autres finalités. Par exemple, la Mongolie a participé à TIMSS 2011 avec un financement de la Banque Mondiale, mais elle a restitué le financement après la phase pilote après que le gouvernement ait décidé que l’enquête ne convenait plus à son programme politique, comme l’a décrit un fonctionnaire de la Banque Mondiale :

« Ils ont dû rendre les 600 000 $ US qu’ils n’avaient pas utilisés pour TIMMS. Ils ont arrêté TIMMS parce qu’ils ont dit que ce n’était pas un bon type d’évaluation. … les deux raisons officielles qu’ils ont données étaient que le moment n’était pas le bon parce qu’ils étaient dans une transition vers système éducatif de type Cambridge. … et que l’évaluation n’était pas standard parce que nous utilisions des consultants et non le Centre d’Evaluation de l’Education, de sorte qu’il n’y avait pas de renforcement des compétences. (whyjoin_mon#26)

Cet exemple montre qu’en dépit de la conditionnalité de l’aide au développement, la participation peut ne pas être continuée comme un positionnement politique. Cet exemple montre aussi comment les raisons de la participation changent souvent au cours de la mise en œuvre de l’enquête internationale, d’autant plus qu’elle s’étend sur plusieurs années et que les gouvernements peuvent changer. De plus, cela démontre que la conditionnalité de l’aide au développement n’est pas toujours un facteur important dans les décisions de participation ou non des pays. Comprendre comment ils financent leur participation, mais aussi quelles sont les implications de cette participation pour l’obtention de l’aide au développement ou le maintien des programmes d’aide, est un élément important pour déterminer l’ensemble de facteurs interdépendants qui déterminent la participation dans certains cas.   

Source : Addey, C., & Sellar, S. (2018). Why do countries participate in PISA? Understanding the role of international large-scale assessments in global education policy. Global education policy and international development: New agendas, issues and policies, 97.