Pourquoi les pays participent à PISA ? Comprendre le rôle des enquêtes internationales dans les politiques d’éducation à l’échelle mondiale (1). Par Camilla Addey (Teachers’ College, Université de Columbia, USA) and Sam Sellar (Université de Manchester, RU)

L’histoire des enquêtes internationales sur les résultats des élèves remonte au milieu du XXe siècle, lorsque l’UNESCO a parrainé des débats sur la nécessité de mesurer les résultats scolaires. En 1960, l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE) a mené son étude pilote dans douze pays, ce qui a amorcé une série d’évaluations sur les tendances en mathématiques et en sciences (TIMSS) en 1995. Thorn (2009) affirme que les travaux de l’ Educational Testing Service  états-unien et de Statistique Canada (le principal partenaire de l’OCDE dans ces premières initiatives) ont donné l’exemple de ce qui pourrait être mesuré par les comparaisons internationales de résultats avec le Young Adult Literacy Assessment1 en 1985 et le National Adult Literacy Survey en 1992, combinant  » les progrès en psychométrie, théorie de la lecture et évaluation à grande échelle aux méthodes des enquêtes auprès des ménages  » (2009 : 5). L’Enquête canadienne sur l’alphabétisation et les compétences utilisées dans les activités quotidiennes, menée en 1989, a démontré que les comparaisons internationales de résultats pouvaient produire des données comparables dans différentes langues et cultures (Thorn 2009).

En 1994, l’OCDE a mis en œuvre sa première évaluation internationale à grande échelle, l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes (EIAA), qui a mesuré les compétences en lecture de textes suivis, de textes schématiques et quantitatifs des personnes de 16 à 65 ans dans 22 pays. D’autres évaluations régionales ont également vu le jour dans les années 1990. En 1997, l’OCDE a commencé à élaborer son Programme international pour le suivi du rendement des élèves (PISA), qui a été mis en œuvre pour la première fois en 2000 dans 43 pays et par plus de 70 pays en 2015. PISA est devenu l’enquête internationale la plus connue et la plus influente et s’étend actuellement aux pays à faible revenu par le biais du PISA pour le développement (PISA-D). Le PISA-D propose les tests dans un format conçu pour être plus utile aux pays à revenu faible et intermédiaire, et l’OCDE ouvre la voie à un indicateur mondial unique pour mesurer les progrès au regard de l’agenda des Nations Unies pour le développement post-2015. En 2003, l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), qui a acquis plus tardivement l’esprit des enquêtes internationales, a commencé à élaborer une évaluation équivalente à l’EIAA, le Programme d’évaluation et de suivi de l’alphabétisation (LAMP), pour évaluer les compétences en lecture, écriture et calcul dans une grande variété de langues, de cultures, de systèmes numériques (Guadalupe 2015). 

Le nombre d’enquêtes internationales sur les résultats et le niveau de participation ont considérablement augmenté au cours des 15 dernières années, et incluent de plus en plus de pays à revenu faible et moyen (Bloem 2013, 2015). Dans le contexte de l’expansion de ces enquêtes, il est nécessaire de comprendre les raisons de la participation et comment ces évaluations affectent la gouvernance mondiale, les politiques et les pratiques en matière d’éducation.

Source : Addey, Camilla, and Sellar Sam. (2017 – forthcoming revised edition). ‘’Why do countries participate in PISA?  Understanding the role of international large-scale assessments in global education policy’’. In, Verger, A. Novelli, M.  Altinyelken, H.K. Global Education Policy and International Development: New Agendas, Issues and Policies.  Bloomsbury Academic

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