Pourquoi les évaluations nationales n’ont pas marché en Grande Bretagne ? D’après Paul Black (1) Le contexte politique et éducatif

La Loi sur la réforme de l’éducation de 1988 fut t l’aboutissement d’un long débat qui s’est développé pendant au moins 20 ans. L’un des motifs est le désir du ministère de l’éducation d’exercer une influence sur les programmes scolaires. Le second est le fait que les hommes politiques de Droite et de Gauche exprimaient des inquiétudes face au déclin supposé du pays, certains se concentrant principalement sur le déclin économique et d’autres sur la perte des valeurs et de la culture traditionnelles. L’éducation était considérée comme malade et il fallait chercher des causes et des remèdes. Les rapports successifs critiquaient le manque de rigueur dans les écoles primaires et les dérives du pédagogisme. Une autre source de préoccupation concernait la possible diversification des contenus scolaires au lycée. S’affirmait aussi un renforcement des exigences dans la maîtrise des compétences des élèves en langue maternelle, mathématiques et sciences. Si le parti travailliste demeurait attaché à une éducation non sélective, les conservateurs critiquaient l’égalitarisme et le pédagogisme et demandaient un retour aux méthodes traditionnelles et le développement de l’évaluation.

La loi sur la réforme de l’éducation de 1988 contenait des dispositions d’une importance capitale sur la délégation de budgets aux écoles, sur le droit des écoles à se soustraire au contrôle des autorités locales et sur la liberté des écoles d’inscrire autant d’élèves qu’elles le souhaitaient. Les nouveaux programmes scolaires et les évaluations nationales devaient fournir aux consommateurs une mesure de la qualité de l’éducation servant de base à leur choix. Ces évaluations nationales devaient responsabiliser les écoles par des données simples et fiables afin que les parents puissent faire des choix informés.

A cette occasion, un Groupe national de travail sur l’évaluation et les tests (TGAT) fut mis sur pied par le secrétaire d’État à l’Éducation à la fin de l’été 1987. À l’époque, la Loi sur la réforme de l’éducation était en cours d’adoption au Parlement. Cette loi donnait au ministre le pouvoir d’établir des évaluations nationales aux étapes 7, 11, 14 et 16, mais elle ne disait pas grand-chose sur la façon de le faire. En prévision de l’adoption de la loi au milieu de 1988, le gouvernement voulait une mise en oeuvre rapide.

Le groupe de travail comptait 12 membres et son mandat était large. Il devait proposer un plan global pour un système national d’évaluation aux quatre niveaux de scolarité. Les travaux commencèrent par une réunion début septembre et le rapport principal fut finalisé avant Noël. Un ensemble de rapports supplémentaires fut en mars 1988, après quoi le groupe ait cessé d’exister.

Source : Black, Paul J. « Performance assessment and accountability: The experience in England and Wales. » Educational evaluation and policy analysis 16.2 (1994): 191-203.

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