Pékin : les enseignants entre tradition et modernité

Confucius décrivait les enseignants comme des individus gentils mais exigeants, stricts mais non agressifs, modestes mais estimés. Les enseignants chinois comme groupe social ont été profondément influencés par le confucianisme qui met l’accent sur l’intégrité, l’autodiscipline l’estime de soi, et une infatigable soif de connaissances. Confucius considérait que n’importe qui pouvait être une source d’apprentissage. Il disait : « Quand je marche avec deux autres personnes, elles peuvent me servir d’enseignants. J’apprendrai de leurs bonnes qualités pour me corriger moi-même et j’utiliserai leurs mauvaises qualités comme un miroir ». Confucius se faisait l’apôtre de la bienveillance envers les autres Il pensait que les actions étaient plus importantes que les mots. Il était favorable à l’égalité d’accès à l’éducation sans considération pour l’origine familiale ou le statut social. Il pensait qu’il fallait apprendre de soi-même avec honnêteté, prudence, tout en servant une morale universelle. Il invitait ses élèves à être autonomes dans leur réflexion. Dans la culture chinoise traditionnelle, l’image confucéenne de l’enseignant chinois demeure et en fait un individu hautement autoritaire. Dans la Chine impériale, les enseignants ont toujours bénéficié d’un statut très élevé. C’est pourquoi ils sont très fiers de leur profession et ils attendent des élèves qu’ils leur manifestent un profond respect. Les enseignants ont longtemps été considérés comme des dévots de l’éducation et des « bougies » éclairant les autres de leur lumière pour développer les talents. Cette position autoritaire et respectée affecte la relation entre l’enseignant chinois et ses élèves. Ces derniers peuvent être effrayés de parler de leurs sentiments et de leurs préoccupations aux enseignants. Ils sont relativement passifs dans la classe, ce qui ne les aident pas à prendre l’initiative et limitent leur enthousiasme. Toutefois, depuis les années 2000, plusieurs réformes ont insisté pour que les enseignants chinois adoptent des attitudes plus participatives en développant l’initiative et l’exploration des élèves et en adoptant une pédagogie plus à l’écoute. Les enseignants chinois d’aujourd’hui doivent au moins maîtriser 3 dimensions dans leurs savoirs professionnels :  une bonne connaissance de leur discipline, mais aussi une connaissance étendue de la psychologie et de la gestion de la classe afin qu’ils adoptent une organisation pédagogique plus flexible. Des compétences interpersonnelles dans leurs relations avec les élèves, les collègues, les parents d’élèves et les partenaires de l’école notamment en termes de coordination et de communication. Et afin, une capacité à développer ses compétences par la formation en devant un expert ou un leader.

  • Source : Mingyuan Gu, Jiansheng Ma, Jun Teng, 2017, Portraits of Chinese Schools, Singapore, Springer.

 

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