L’innovation dans les contenus d’enseignement à Shanghai

Beaucoup d’établissements scolaires ont lancé des programmes scolaires à l’échelon local pour améliorer la qualité de l’éducation. La réforme s’est centrée sur l’aide aux élèves pour acquérir un « esprit innovant et des capacités pratiques » ou en favorisant un développement global de l’enfant sur le plan moral, intellectuel, physique, esthétique et social. L’objectif est d’aller au-delà des manuels scolaires pour acquérir des connaissances nouvelles et résoudre des problèmes. En donnant l’accès à l’innovation, la recherche, et l’expérience, dans l’interaction avec les autres, les nouveaux programmes scolaires encouragent les sorties d’élèves en dehors de la classe pour visiter des centres scientifiques, des musées, des sites historiques et autres lieux d’intérêt. Les établissements offrent une variété de cours basés sur des enquêtes conduites par les élèves sur la robotique, le tir à l’arc, la danse ou la philosophie ou plus ciblés comme « visiter le musée d’astronomie et contempler les étoiles », « inviter un ami à la maison », « gérer la maison pour une journée ». Ces cours d’enquête ou de recherche ont été établis en partenariat avec les universités alors que les établissements scolaires sont encouragés à développer leurs propres spécialités, à partir de ses ressources et de ses points forts.

Les contenus scolaires ont aussi une large place à l’enseignement de l’anglais dès l’école primaire avec l’idée que les élèves doivent pouvoir accéder à un monde global et digital en développant leurs compétences dans l’écoute, la lecture et l’écriture. Des enseignants natifs viennent enseigner dans les établissements tandis que les enseignants chinois d’anglais font des séjours de visite et d’immersion dans les pays anglo-saxons et mettre en œuvre des méthodes pédagogiques engageantes et créatives.

L’enseignement s’est éloigné d’une approche de la transmission didactique où les élèves apprennent passivement. L’apprentissage interactif est valorisé qui combine autonomie et coopération entre les élèves, en donnant plus de place à l’expérience, la pratique, l’enquête et l’expérimentation, l’innovation dans la classe. Les établissements ont pu aussi introduire leurs propres méthodes d’évaluation qui complètent les examens sélectifs (zhongkao et gaokao), avec l’idée d’encourager les élèves à être plus actif dans la participation en classe, en questionnant et réfléchissant sur ce qu’ils ont appris du monde réel. Il ne s’agit pas de valoriser uniquement les connaissances et les compétences acquises mais les processus et les méthodes selon lesquelles ces connaissances et compétences sont utilisées et les émotions, attitudes, valeurs qui les portent. Ces dimensions sont aussi fortement reprises dans les devoirs exigés des élèves. L’auto-évaluation des apprentissages est aussi encouragée ainsi que la participation des élèves à des activités sociales, physiques ou artistiques. Plutôt que des évaluations papier-crayon, il est de plus en plus demandé aux élèves de démontrer comment leur projet a contribué à résoudre un problème spécifique ou servi les buts de la communauté dans un esprit civique.

Source. Tan, C. (2012). Learning from Shanghai: Lessons on achieving educational success (Vol. 21). Springer Science & Business Media

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