L’industrie parallèle de l’éducation en Corée du Sud

En Corée du Sud, comme dans d’autres pays asiatiques, les principes confucéens sont fortement affirmés et expliquent l’attitude des parents et des élèves envers l’éducation : persévérance, culture de l’effort, travail persistant, recherche de statut, logique de l’honneur. La « fièvre éducative » n’est pas un vain mot tant est grand le zèle pour l’éducation et l’intense préparation des élèves pour les examens nationaux qui leur ouvrent les portes de l’université. Cet frénésie se manifeste dans le développement d’une « industrie parallèle », des cours privés donnés aux élèves en plus de l’école. Les individus entrent aussi en concurrence pour l’éducation pour éviter le risque d’être employé à des salaires relativement pas ou de connaître le chômage et la pauvreté. La réputation des universités est aussi importante pour l’obtention d’un diplôme.

Le problème de l’industrie parallèle en Corée est qu’elle accroît les inégalités, fait peser une charge financière très lourde sur les familles, a des effets négatifs sur la fréquentation de l’éducation publique, et aussi sur la psychologie des enfants et des adolescents. Les pouvoirs publics ont essayé de réguler le problème en égalisant les ressources entre les établissements scolaires, en interdisant les pratiques de cours privé illégales, en cherchant à améliorer la qualité du système d’éducation publique, en essayant de réduire la charge des familles pour les cours privés en leur offrant une assistance scolaire alternative.

Dans un système qui est de tradition fortement centralisée, les enseignants, en charge du développement intellectuel et social des élèves, proches des parents, sont respectés et même célébrés dans une journée nationale consacrée aux enseignants. Ils entretiennent des rapports d’autorité avec les élèves et bénéficient d’une bonne notoriété auprès du public sud-coréen. Les réformes successives ont conduit à plus de décentralisation du système éducatif, plus d’autonomie pour les établissements scolaires, mais aussi à une obligation de rendre compte visant l’amélioration de la réussite des élèves. Les enseignants doivent mettre en œuvre des méthodes pédagogiques et d’évaluation diversifiées en utilisant les technologies de l’information de la communication. Des écoles à différents statuts (enseignement des sciences, enseignement des langues, écoles privée autonomes, écoles internationales) se sont développées depuis le début des années 2000 dans une logique de libéralisation de l’offre scolaire et de choix de l’école.

Les inégalités entre les élèves se sont exacerbées, notamment entre ceux des classes moyennes, fortement soutenus financièrement et accompagnés moralement par leurs parents, et les élèves plus désavantagés qui n’ont pas les ressources suffisantes pour accéder notamment aux cours privés et manquent de réseaux sociaux.

La journée d’un lycéen qui joue le jeu de la compétition scolaire peut se résumer de la façon suivante en Corée du Sud :

8h -16 h 30 Au lycée ( cours de 50 minutes avec une pause de 10 minutes et 50 minutes pour le déjeuner, souvent l’établissement prévoit des cours supplémentaires entre 18 et 19 h)

18-22 h les lycéens restent dans l’établissement pour leur étude

19-21 h Les autres lycéens se rendent dans des cours privés pour améliorer leurs compétences en mathématiques, anglais, et sciences

22-30- 24 h Les élèves vont à la bibliothèque ou continuent dans le cours privé

Cho, Y. (2014). The light and shadow of educational achievement in South Korea with suggestions for levelling up. In Educational Policy Innovations (pp. 123-142). Springer Singapore.