L’évaluation des élèves en Asie

L’Asie possède une longue tradition d’usage des examens pour sélectionner ses fonctionnaires et aussi les talents au sein de différentes professions. La Chine fut le premier pays à utiliser les tests pour sélectionner ses fonctionnaires et les examens impériaux ont été très tôt associés à la formation d’une élite. Ce modèle s’est diffusé auprès d’autres pays comme le Vietnam, la Corée ou le Japon qui dont adoptés aussi des principes confucéens. Comme les pays anglo-saxons, ces pays ont engagé depuis plusieurs décennies des réformes pour évaluer les élèves. En Chine comme à Taiwan, les enseignants sont encouragés à utiliser différentes formes d’évaluation pour améliorer leur enseignement et les apprentissages des élèves mais les pratiques pédagogiques demeurent fortement orientés par la perspective des examens ou tests nationaux. En Corée du Sud, le système éducatif repose sur des tests standardisés et des diagnostics dès les débuts de l’école primaire. La plupart des élèves coréens passent beaucoup de temps, comme les élèves chinois, à préparer ces examens et la compétition entre eux est fortement encouragée notamment pour l’entrée dans l’enseignement supérieur qui demeure sélective. Pour obtenir de bons résultats, beaucoup d’élèves, qui en ont les moyens, fréquentent des institutions privées pour mieux se préparer. Cela a des conséquences sur l’état moral et physiques des élèves, et l’on observe d’importants taux de dépression et de suicide au moment des examens en Corée du Sud. Au Japon, les examens d’entrée dans l’enseignement secondaire et supérieur exercent aussi un effet considérable sur les pratiques d’évaluation dans la classe. Les enseignants japonais s’appuient généralement sur une évaluation sommative et les tests papier-crayon constituent la forme la plus utilisée dans les écoles. Comme les autres pays d’Asie, la Malaisie possède un système éducatif très fortement orienté par la réussite aux examens qui se déroulent tout au long de la scolarité. Ils sont déterminants pour la carrière des élèves et leur insertion professionnelle. Des pressions fortes s’exercent sur les enseignants pour qu’ils préparent bien les élèves aux tests. Le gouvernement a bien essayé d’introduire des formes alternatives d’évaluation mais il s’est heurté à des résistances au changement. L’éducation en Thaïlande est reliée à des programmes scolaires nationaux et l’utilisation de tests pour l’évaluation des élèves. Le ministère conduit des évaluations nationales à différents niveaux de scolarité et celles-ci sont associées à des standards qui définissent les connaissances et les compétences minimum à acquérir par les élèves, comme dans les pays anglo-saxons.  Le ministère a essayé d’introduire des modes d’évaluation différentes plus articulés à la pratique de classe et aux situations d’apprentissage mais les enseignants manquent de formation pour les mettre en œuvre. En Indonésie, le système éducatif s’est profondément transformé pour promouvoir des contenus scolaires mieux articulés à des situations de vie réelle pour les élèves et l’usage de l’évaluation pour soutenir et accompagner les apprentissages. L’idée est aussi de promouvoir le développement professionnel continu des enseignants pour améliorer leur rapport à l’évaluation.

D’une manière générale, les pays de tradition confucéenne partagent une forte culture de l’évaluation par des examens ou des tests nationaux. La Chine (y compris Honk Kong et Singapour), Taiwan, la Corée du Sud, le Japon, la Malaisie, ont des systèmes d’évaluation qui ont des objectifs de sélection et de rendre compte, lesquels mettent une forte profession sur les élèves, les enseignants, et les parents pour réussir. Ces pays cherchent toutefois à développer des modes d’évaluation plus centrés sur le développement personnel des élèves et plus ouvert à la reconnaissance de la diversité des talents, mais ils se heurtent à des traditions et des contraintes sociales qui rendent difficiles les changements de pratique.

Source : Berry, R., & Adamson, B. (Eds.). (2011). Assessment reform in education: policy and practice (Vol. 14). Springer Science & Business Media.

 

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