Les réformes de l’éducation en Suède

Durant les années 1990, sous un gouvernement essentiellement social-démocrate, les restrictions budgétaires dans le secteur public ont conduit à un changement de gouvernance dans l’éducation, à travers un mouvement de décentralisation, la liberté de choix accordée aux familles, et le développement de l’obligation de rendre compte. En 1994, de nouveaux programmes scolaires ont été introduits assortis d’un management par objectifs. La décentralisation a transféré un grand nombre de compétences aux municipalités.

Pour les aider, l’Agence Nationale Suédoise a été scindée en deux agences, l’une d’entre elles travaillant spécifiquement au développement de la nouvelle politique en relation avec les chefs d’établissement, mais ce dialogue fut remplacé, avec un gouvernement plus libéral opérant à partir de 2006, par le retour de l’inspection scolaire (en 2008).

Un document d’orientation fut publié avec 143 points mettant définitivement fin au « collège unique », en renforçant l’inspection des établissements scolaires et en instituant des tests nationaux pour améliorer la performance du système éducatif. Des sanctions ont été prévues pour les établissements défaillants tandis que les droits des parents étaient renforcés alors que le nombre d’établissements indépendants augmentait. En même temps, des mesures ont été prise pour renforcer la lutte contre les discriminations, le racisme et le harcèlement dans les établissements publics.

En juillet 2011, une nouvelle loi scolaire s’est préoccupée des difficultés d’apprentissage des élèves et elle a cherché à accroître le pouvoir des parents d’élèves sur la gestion scolaire, notamment en permettant la contestation des décisions du chef d’établissement. Chaque établissement doit organiser des espaces de dialogue pour consulter les élèves et leurs parents sur les questions éducatives et le travail scolaire.

Le chef d’établissement a pour mission de rendre les décisions mieux compréhensibles tout en décidant de l’organisation scolaire, notamment par le développement des compétences au changement et le partage des responsabilités. Les municipalités doivent prendre en charge la qualité des établissements et le travail scolaire en concevant des plans de suivi et d’évaluation des résultats des élèves, sous le contrôle de l’inspection scolaire. L’autonomie des chefs d’établissement s’est accrue pour mener à bien ses objectifs.

En résumé, la politique éducative suédoise s’est construite sur un renforcement du contrôle de l’Etat en termes d’évaluation des résultats ou d’obligation de rendre compte, avec un processus de décentralisation et d’autonomie accrue des établissements scolaires. Cette politique a favorisé le développement d’un marché scolaire et du libre choix des familles, tout en conservant un poids important dans les contenus scolaires comme dans la gestion des enseignants et leur formation.

 

source : Blossing, U., & Söderström, Å. (2014). A school for every child in Sweden. In The Nordic Education Model (pp. 17-34). Springer, Dordrecht.