Les réformes de l’éducation en Norvège

Le système éducatif norvégien a été critiqué après la publication des premiers résultats PISA, ce qui a entraîné une succession de réformes. La principale stratégie a été de déléguer des responsabilités de l’Etat aux municipalités et aux établissements scolaires. Cela s’est accompagné de la mise en œuvre d’un management par objectifs et de nouveaux programmes scolaires à différents niveaux de scolarité. Les contenus scolaires ont été ajustés à une logique de compétences, laissant aux municipalités et aux établissements le soin de les adapter aux besoins locaux. Les programmes scolaires détaillent toutefois minutieusement les processus d’enseignement (le quoi, le quand, et le comment). L’accent a été mis sur l’évaluation des compétences de base des élèves et un système d’assurance-qualité reposant sur des tests réguliers. Il est aussi demandé l’adaptation de l’enseignement aux besoins individuels des élèves et la nécessité pour les équipes pédagogiques de mieux rendre compte de leurs actions.

La Norvège a résisté toutefois à la privatisation des écoles publiques en cherchant à maintenir le « collège unique » comme objectif fondamental du système éducatif et de promotion de l’égalité. Toutefois, ces questions de privatisation ont donné lieu à des visions divergentes entre les gouvernements successifs sur les nécessités de cette libéralisation. Des mesures ont été prises aussi pour lutter contre le décrochage scolaire précoce et les interventions auprès des plus jeunes à l’école primaire selon le slogan « aucun enfant laissé au bord du chemin ».

Les différences entre les municipalités et les établissements scolaires demeurent importantes tandis qu’avec le mouvement de décentralisation, l’Etat s’est désengagé de mécanismes de compensation financière. Le secteur scolaire s’est trouvé d’emblée en compétition avec les autres services sociaux et de santé pour obtenir des financements. Alors que l’administration des municipalités était réduite et restructurée, les différences de financement entre les établissements se sont accentuées. Les municipalités ont bénéficié de plus d’autonomie dans la détermination de la taille des classes comme dans la gestion des ressources humaines et matérielles. De nombreuses études ont montré les différences entres les élèves et les établissements dans la réussite scolaire même si elles apparaissent moindres que dans d’autres pays. Les élèves provenant de l’immigration rencontrent plus de difficultés en termes d’apprentissage et de socialisation. Toutefois, l’engagement des parents contribue à entretenir une bonne motivation et un bon climat scolaire.

Les enseignants doivent accomplir le temps de présence dans l’établissement qui est stipulé par leur contrat de travail. Ils doivent participer à des activités en dehors de la classe comme la préparation collective des cours, des échanges de pratiques et autres réunions, en plus du temps de travail avec les élèves. Le chef d’établissement exerce un contrôle sur ce travail en équipes et s’assure de la qualité de l’enseignement prodigué aux élèves. Les enseignants doivent rendre compte de leurs choix et activités pédagogiques, ce qui a contribué à accroître leur charge de travail, mais ils doivent aussi ajuster leur pratique pédagogique aux besoins de chaque élève, tout en travaillant en groupes disciplinaires ou transversaux avec les autres enseignants.

Source : Imsen, G., & Volckmar, N. (2014). The Norwegian school for all: Historical emergence and neoliberal confrontation. In The Nordic education model (pp. 35-55). Springer, Dordrecht.

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