Les principales tâches du chef d’établissement à Pékin

Un chef d’établissement à Pékin consacre son temps aux huit tâches suivantes :

(1) développement et planification scolaires. C’est en général ce que les principaux placent en tête de leur ordre du jour et cela nécessite une réflexion à long terme, une récapitulation et une amélioration des tâches. Selon le directeur Huang du district de Haidian à Pékin, « les chefs d’établissement devraient d’abord et avant tout se préoccuper du développement et de la planification scolaires, ainsi que de l’élaboration de stratégies pour résoudre les problèmes existants » Elle poursuit en faisant remarquer que « pour identifier les prochains objectifs, je dois vraiment comprendre l’équipe pédagogique actuelle, les besoins des parents et les problèmes de développement des élèves, ce qui prend beaucoup de mon temps et de mon énergie ».

(2) élaboration des contenus scolaires. Les contenus scolaires en Chine peuvent être conçus aux niveaux national, local et celui de l’établissement. Le programme scolaire est très significatif, car il reflète les caractéristiques distinctives et l’avantage comparatif d’un établissement. Pour cette raison, les chefs d’établissement sont priés d’explorer les possibilités de développement des programmes scolaires. Le principal Bai du district de Haidian à Pékin estime qu’un programme scolaire est essentiel à une éducation centrée sur les élèves et au perfectionnement des compétences des enseignants.

(3) diriger l’enseignement en classe. Poussés par leurs mandats et la reconnaissance de l’enseignement en classe comme axe majeur du développement de l’établissement, les directeurs visitent régulièrement les classes pour identifier et résoudre les problèmes et faciliter la communication entre les enseignants et les élèves. Le principal Wu du district de Fangshan à Pékin comprend parfaitement cela. Elle dit : « la visite des cours est très importante pour les chefs d’établissement. Selon les exigences de la Commission d’Education du district, un chef d’établissement doit observer 40 leçons chaque semestre, mais j’observe quant à moi 60 leçons. Cela me permet de comprendre ce qui se passe dans les salles de classe et comment les enseignants conduisent leurs activités d’enseignement. Chaque semaine, je préserve un certain temps pour l’observation de classe, qui se fait de la manière suivante. Premièrement, une observation au hasard des leçons avec les portes ouvertes. Les enseignants sont encouragés à ouvrir leurs classes pour cette observation afin d’améliorer l’enseignement. Deuxièmement, l’observation collective avec les chefs de six établissements. Cela se fait tous les mercredis et c’est suivi par de commentaires et réflexions extensives. Troisièmement, l’observation des cours avec les portes fermées. Tant qu’il n’y a pas concurrence avec des réunions et d’autres obligations administratives, je suis engagée pour de telles observations. (communication personnelle, 24 novembre 2015)

Le principal Bai du district de Haidian à Pékin est entièrement d’accord avec les commentaires ci-dessus. Il dit « je n’enseigne pas de cours, mais j’observe au moins 40 leçons chaque semestre. J’aimerais pouvoir observer plus, mais il y a tant d’autres choses à gérer. Nous sommes également tenus de tenir un registre des observations de classe à vérifier par nos superviseurs, mais le problème est qu’il semble convertir l’observation de classe, que nous sommes disposés à faire, dans quelque chose que nous faisons de manière passive. »(communication personnelle, 16 décembre 2015)

(4) gestion des routines quotidiennes. En moyenne, un chef d’établissement doit assister à une et deux réunions par semaine organisées par les autorités locales, sans parler des nombreuses autres réunions au sein de l’établissement. En outre, un chef d’établissement doit examiner des documents, effectuer des échanges, faire des voyages professionnels et approuver les comptes, entre autres tâches. Même pendant les entretiens avec nous, les chefs d’établissement devaient répondre aux appels téléphoniques et traiter divers problèmes. Certes, une telle situation est quelque peu liée au système d’administration de l’éducation et à la culture de gestion en Chine. Le directeur Huang du district de Haidian à Pékin a décrit les modalités de réunion dans son établissement comme suit :

« Il y a trois réunions routinières chaque semaine. Premièrement, il y a une rencontre entre le principal et d’autres chefs d’établissement afin d’organiser le travail hebdomadaire, qui doit être aligné sur une planification annuelle et à long terme. Deuxièmement, il y a une réunion avec l’équipe de direction sur l’exécution du plan hebdomadaire convenu lors de la première réunion. Troisièmement, il y a des rencontres avec tous les enseignants, par lesquelles les enseignants apprennent quels sont les résultats à atteindre et comment leur travail doit être évalué. Ces trois réunions permettent que notre travail hebdomadaire se déroule sans heurts. » (communication personnelle, 15 octobre 2015)

Le principal Bai ajoute que chaque réunion exige également beaucoup de travail de suivi, y compris d’autres réunions et la rédaction de rapports.

(5) gestion des relations publiques. Les établissements ne sont pas gérés dans le vide, mais ils sont étroitement liés aux parents, aux communautés, aux établissements partenaires et aux autorités supérieures. Pour cette raison, les chefs d’établissement trouvent inévitable de recevoir des visiteurs et de rester bien connectés à ces contacts externes. Parfois, ils doivent même gérer des situations d’urgence difficiles afin de préserver la réputation de l’école.

Le principal Li de Xiangtan dans la province du Hunan souligne que la moitié de son temps est consacré à l’amélioration de l’environnement extérieur. Le principal Bai offre un exemple de situation dans lequel une urgence doit être traitée. Il affirme :

« Certains cas d’urgence peuvent apporter beaucoup d’ennuis. Par exemple, un élève s’est cassé les dents pendant qu’il jouait avec son camarade de classe en 2008 et ses parents continuent de déposer des plaintes auprès des autorités éducatives, des comités d’inspection disciplinaire et des tribunaux. Bien que la Cour ait statué définitivement sur cette question, a famille n’accepte pas la décision. Cela signifie que le problème n’a pas été résolu depuis huit ans. L’élève est déjà à l’Université et ses parents exigent toujours une indemnisation. Je dois les recevoir et leur parler chaque fois qu’ils viennent dans l’établissement. Gérer de tels problèmes est assez difficile et chronophage pour moi. » (communication personnelle, 16 décembre 2015)

Le principal Huang partage une vision similaire et elle dit que le traitement des urgences est assez chronophage. « Nous avons plus de 2000 enfants dans notre établissement. Si un enfant connaît une baisse de ses résultats avec une maladie aiguë, je dois me dépêcher d’intervenir. Parfois, je dois écouter les parents qui se plaignent. Bien sûr, cependant, en négociant avec les parents, je peux apprendre des informations utiles ». (communication personnelle, 15 octobre 2015)

(6) communication avec les enseignants et les élèves. Contrairement au travail dans une usine, travailler dans une école signifie faire face à des gens vivants avec différentes façons de penser. La communication est essentielle pour approfondir la compréhension des parties prenantes et pour soutenir le développement scolaire. Pour cette raison, les chefs d’établissement ont créé différents canaux de communication, tels que le déjeuner avec des enfants pré-sélectionnés, l’observation des classes avec des questions réfléchies, l’organisation de cérémonies du thé, la mise en place d’ateliers et l’accueil des enseignants dans le bureau du chef. Le principal Huang démontre un vif intérêt pour ce travail de communication.

 

« J’aime beaucoup communiquer avec les enseignants, les élèves et les parents. Ainsi, une partie de mon temps est consacré à cette communication, qui, je crois, est bénéfique pour toutes les parties impliquées. Par exemple, j’ai parfois déjeuner avec des élèves. C’est important pour les élèves d’un internet qui ont de bons résultats et qui désirent obtenir la reconnaissance de l’équipe de direction. Pendant ces moments, nous disons à ces élèves exceptionnels que le privilège que nous ressentons à les rencontrer. » (communication personnelle, 15 octobre 2015)

Bien sûr, sa communication avec les enseignants tourne généralement autour d’un problème particulier, et parfois elle leur fait quelques suggestions.

(7) planification du travail et synthèse des tâches. Les chefs d’établissement sont conscients de l’importance de la planification et de la synthèse des tâches, et ils le font généralement chaque jour, semaine, mois, semestre et année. Le principal Bai s’occupe de la planification le matin et la synthèse des tâches avant d’aller au lit en les considérant comme un élément important de son travail quotidien. En outre, il passe généralement son samedi à l’école, en s’occupant des questions non résolues et en rédigeant des rapports. Le principal Huang croit également que la planification est nécessaire :

« Nous avons établi un groupe fonctionnant en ligne via la messagerie instantanée pour le personnel administratif. Chaque jour, les avis sont affichés en ligne pour notre groupe. Cela ne prend que quelques minutes pour nous de savoir à quelles réunions nous devons assister dans les prochains jours. À des moments exceptionnels, nous discutons de celui ou celle qui doit assister à la réunion. » (communication personnelle, 15 octobre 2015)

(8) lecture et réflexion. Avec la complexité croissante de la gestion, les chefs d’établissement doivent s’améliorer grâce au développement professionnel continu. Pour ce faire, ils doivent combiner lecture et réflexion. Le principal Huang affirme volontiers « je passe habituellement mes week-ends à lire et à réfléchir. En fait, je définis mes propres tâches. Par exemple, j’ai visité deux écoles à Hong Kong et à Shenzhen et j’ai assisté à une réunion pour les chefs d’établissement du privé la semaine dernière. Après mon retour, j’ai juste eu le temps de faire le tri dans mes propres idées pendant le week-end, que j’ai partagé plus tard avec les responsables de discipline et les enseignants. » (communication personnelle, 15 octobre 2015)

Le principal Wu affirme aussi: « l’apprentissage prend une grande partie de mon temps. Pour diriger une équipe et pour aller plus loin, un chef d’établissement doit améliorer sa capacité d’apprendre, de superviser et de planifier.

Certes, les directeurs sont pleinement occupés chaque jour avec des problèmes planifiés ou non. Mais c’est surtout les huit tâches ci-dessus qui les rendent occupés.

Extraits de Gu, M., Ma, J., & Teng, J. (2017). Portraits of Chinese schools. Singapore, Singapore: Springer.

 

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