Les inégalités urbaines d’éducation en Chine

Les inégalités urbaines ont fortement augmenté avec la réforme et la politique d’ouverture à l’économie de marché. Les réformes ont surtout bénéficié aux enfants des groupes sociaux les plus avantagés : cadres, experts et  habitants des grandes métropoles. Pour les enfants des familles les plus déshéritées, l’accès à une éducation de qualité est difficile, du fait des différences de capital économique et culturel, mais aussi des problèmes de transport et de mobilité. Malgré tout, les taux d’admission à l’école primaire se rapproche des 100% et la scolarité obligatoire pour ce niveau est maintenant une réalité. Des progrès spectaculaires ont été réalisés dans l’accès au collège et au lycée, avec des taux d’admission s’approchant des 90%. C’est dans l’accès à l’enseignement supérieur que les inégalités sont les plus fortes. Des écoles pilote bénéficient de bonnes ressources en équipements et enseignants et sont à la source d’une sélection importante et d’une demande compétitive des familles. Bien que le gouvernement demande l’inscription dans un établissement de proximité, la sélection scolaire persiste et s’est même intensifiée avec les problèmes de logement dans les districts scolaires. Les inégalités de ressources se maintiennent donc entre les écoles et sont renforcées par les aspirations élevées des familles qui développent des stratégies pour accéder aux meilleurs établissements. Une loi établie le 14 mars 1992 stipule que l’établissement des écoles primaires doit respecter un recrutement de proximité des élèves dans leur district d’appartenance. Mais cette politique se limite aux parents qui ne disposent pas d’une mobilité résidentielle et qui peuvent, grâce à leurs revenus, décider du choix de l’établissement. Ce choix de l’école et les stratégies des familles de classes moyennes et supérieures contribue à accentuer fortement les inégalités entre établissements. A cela vient s’ajouter le dépistage des meilleurs élèves et leur classement selon leur performance qui permet à ceux qui réussissent d’accéder aux meilleurs établissements et ressources scolaires. Le capital social et culturel de la famille joue aussi un rôle important dans cette accès aux écoles les plus élitaires dans une compétition exacerbée pour réussir le Gao Kao, l’examen sélectif d’entrée à l’université. La sélection commence très tôt, bien avant l’enseignement secondaire, dès la maternelle, avec une forte anticipation des familles.

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