Les évaluations nationales et l’utilisation des résultats des élèves dans les pays nordiques (III). Danemark : l’acceptation progressive de la démarche qualité et de la reddition des comptes

Comme dans d’autres pays, les évaluations nationales danoises ont été fortement influencées par les comparaisons internationales, principalement l’enquête PISA. Le Danemark a été décrit comme ayant des résultats médiocres dans la première publication PISA et ce « choc » a finalement encouragé les pouvoirs publics à réformer le système scolaire danois en introduisant un modèle orienté vers des objectifs communs et en renforçant le système national d’assurance qualité et d’évaluation. Un changement majeur dans la culture de l’évaluation danoise s’est opéré au cours des années 2000, alors que l’évaluation se déplaçait progressivement d’une démarche en termes d’évaluation diagnostique et formative des élèves vers une logique de reddition des comptes par les écoles. L’OCDE a été considérée comme le  » principal inspirateur  » des réformes relatives à la qualité, mais la province de l’Ontario au Canada a également été mentionnée comme  » une source d’inspiration importante « . L’incongruité des coûts élevés et des faibles résultats des élèves devait être résolue selon les autorités politiques par des évaluations plus systématiques et standardisées malgré les critiques adressées par leurs enseignants et leurs syndicats.

 Ainsi la reddition des comptes et la publication des résultats sur un portail internet ont fait l’objet de beaucoup de controverses et de débats. Les discussions évoquaient les conséquences possiblement négatives des évaluations, mais en même temps, la publication des résultats scolaires et des rapports relatifs à la qualité des écoles étaient décrits par d’autres comme une source d’information factuelle – même limitée – à laquelle les citoyens, c’est-à-dire les parents, avaient droit soit dans leur choix d’école, soit comme contrôleur de l’usage des fonds publics. Des questions méthodologiques ont également été soulevées lors de l’examen de la publication des résultats. Les résultats d’évaluation rapportées à une valeur ajoutée tenant compte des facteurs socio-économiques de la population scolaire dans chaque école ont été mis avant, malgré une certaine réserve. En général, les danois ont des sentiments mitigés : d’une part, ils se méfient de la logique de la concurrence et du classement des écoles, mais d’autre part, ils sont soucieux d’un meilleur développement et suivi scolaire, et en particulier du rôle de l’information publique, qui est considérée pour certains comme un principe fondamental et inévitable dans une société moderne.  Il semble que la tendance à court terme soit la poursuite du mouvement de reddition des comptes alors que la démarche d’assurance-qualité est assumée comme un processus d’autopilotage, à l’abri des rapports de force internes.

Source: Tommi Wallenius, Sara Juvonen, Petteri Hansen & Janne Varjo (2018) Schools, accountability and transparency—approaching the Nordic school evaluation practices through discursive institutionalism, Nordic Journal of Studies in Educational Policy, 4:3, 133-143, DOI: 10.1080/20020317.2018.1537432