Les développements du système éducatif à Singapour (II)

Phase trois : une politique éducative centrée sur les compétences (1997-2011)

 

Cette phase correspond au passage d’une éducation centrée sur l’efficacité à celle d’un paradigme éducatif centré sur les compétences. Vers la fin des années 1990, plusieurs stratégies clés ont été mises en oeuvre. La plus importante est le lancement en 1997 par le ministère de l’Éducation d’un slogan  » Penser les écoles, nation apprenante  » avec l’objectif d’orienter le système éducatif afin de développer une société innovante pour le nouveau millénaire. En 1998, le document du Ministère de l’éducation intitulé « Résultats attendus pour l’éducation » énumérait les attentes vis-à-vis des élèves lorsqu’ils quittent chacun des cycles du système scolaire : primaire, secondaire, collège, instituts d’enseignement technique, polytechnique et universités. Le document sert de guide pour les politiques et programmes d’éducation mais aussi pour leur évaluation. Il met en lumière deux grands axes dans l’orientation des politiques éducatives à Singapour : assurer la compétitivité économique et favoriser la cohésion sociale.

Pour soutenir ces deux axes, un plan informatique a été introduit pour que les élèves aient un large accès aux technologies de l’information et de la communication. En 2004, le premier ministre Lee Hsien Loong a lancé l’initiative « Enseigner moins, apprendre davantage » pour marquer un changement de paradigme dans les pratiques pédagogiques en mettant l’accent sur un apprentissage personnalisé pour chaque élève.  Le système de classement des écoles a été révisé pour limiter la concurrence et l’importance excessive accordée aux résultats scolaires. De nombreuses recommandations ont été adressées afin que l’enseignement en classe ne soit plus un apprentissage par cœur mais une approche créative comme la découverte par l’expérience et l’enseignement différencié, un meilleur équilibre entre l’enseignement des contenus pédagogiques, des compétences et des valeurs, l’investissement dans un corps enseignant de qualité et l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la formation des enseignants et l’usage d’un répertoire de techniques pédagogiques.

Les politiques de répartition en classes homogènes des années 80 ont été affinées et une orientation par options thématiques a été introduite afin de permettre aux élèves de mieux réussir à chaque niveau de scolarité, en fonction de leurs capacités, en progressant dans les matières où ils obtenaient de bons résultats

D’autres réformes ont été entreprises dans le contexte d’un système éducatif de plus en plus caractérisé par le  » choix « , la  » diversité  » et la  » concurrence  » pour offrir aux parents et aux élèves des voies alternatives. La diversité du paysage éducatif se traduit par l’introduction de programmes intégrés (IP) dans diverses écoles secondaires et collèges, la création d’écoles secondaires indépendantes spécialisées (telles que l’Université nationale de l’enseignement supérieur) et la création d’établissements d’enseignement supérieur indépendants qui proposent un programme plus varié avec l’introduction du diplôme du baccalauréat international. Le nouveau paysage éducatif se caractérise par des voies multiples pour un segment plus large d’élèves ayant des besoins d’apprentissage, des intérêts et des aptitudes différents.

Boon, Zoe Suan Loy. Singapore School Principals. World Scientific Publishing Company Pte Limited, 2018.

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