Le travail collaboratif des enseignants chinois en mathématiques

En Chine, un nouvel enseignant est souvent pris en charge par un enseignant expérimenté, ou tuteurs, qui le suit pendant 2 à 3 ans. L’idée de ce tutorat entre pairs est que le jeune enseignant peut apprendre de son collègue en observant ses pratiques routinières, sa conception des leçons, leur mise en oeuvre et leur évaluation. Au commencement de l’année scolaire, les établissements ou écoles forment des binômes de tuteur-tutoré qui s’engagent mutuellement au cours d’une cérémonie où est signé un engagement formel définissant les responsabilités de chacun. Cele permet non seulement aux tutorés de développer leurs connaissances et leurs compétences dans l’enseignement mais aussi aux enseignants plus âgés de se tenir au courant des innovations dans la pédagogie et les nouvelles technologies. Les enseignants sont aussi engagés dans des activités de recherche sur l’enseignement qui sont organisés à différentes échelles : provinces, districts, comtés, municipalités. Ces organisations ( Jiaoyan Shi) sont responsables du pilotage des activités, de faire le lien avec les établissements et les autorités locales, de mettre en oeuvre la révision des contenus d’enseignement, et de faire le lien entre les nouvelles théories dans l’éducation et les expériences d’enseignement. Les groupes de recherche à l’échelle d’une école ou d’un établissement sont les organisations de base pour ces activités de recherche. Cela comprend des groupes de recherche et des groupes de préparation de la leçon par niveaux de scolarité. Les premiers sont responsables de mettre en oeuvre les séquences qui permettront d’étudier les activités d »enseignement tandis que les seconds se chargent de la préparation et de la mise en oeuvre des leçons à chaque niveau de scolarité. Il existe une grande diversité d’activités de recherche sur l’enseignement opérées par les enseignants. Par exemple, dans de grandes villes, il n’est pas rare d’observer quatre grandes activités au cours d’un semestre, une activité par mois au moins. Généralement elles ont lieu le vendredi matin. Pour chaque activité, un thème est choisi par un facilitateur qui l’introduit. Des experts du thème, maître-enseignants, formateurs, chercheurs) sont invités à donner des conférences sur le thème et à fournir des modèles de leçon aux enseignants. Les activités se centrent sur l’analyse des manuels scolaires et autres matériaux de référence, et différentes stratégies pédagogiques sont explorées en étudiant leurs effets sur la réussite aux examens. Au delà de ces activités routinières, les autorités locales et/ou nationales et les instituts de recherche organisent différentes compétitions centrées sur les compétences des enseignants. Ces « olympiades » pour enseignants sont généralement organisées pour les enseignants de moins de 30 ans mais les plus âgés peuvent participer s’ils le souhaitent. Les participants sélectionnent un thème sur une liste prédéterminée. Les gagnants de la compétition à l’échelle d’une école peuvent aussi enter en compétition au niveau du district puis, s’ils gagnent, au niveau de la métropole, puis de la province, puis au niveau national. Cela permet aux enseignants d’avoir l’occasion de partager leurs idées, de conduire une réflexion permanente sur leurs pratiques d’enseignement, et d’apprendre les uns des autres. En parallèle à ces compétitions, des explications sont données aux enseignants sur les contenus et les techniques mises en oeuvre afin de faciliter un travail collaboratif sur la pédagogie. Plus récemment, les activités de recherche ont été organisées sous la forme de « communautés de pratiques » en insistant davantage sur la construction d’une culture professionnelle commune à l’échelle d’une école ou d’un établissement, et en se centrant davantage sur l’apprentissage des élèves en situation. Les enseignants sont davantage invités à résoudre collectivement les problèmes qui se posent à eux à travers des procédures d’essais et d’erreurs selon des expérimentations qui leur permet d’étudier l’écart entre leur programmation et ses effets sur les élèves, notamment lors de la mise en oeuvre de nouveaux contenus scolaires. Les enseignants chinois ont aussi repris les études de la leçon japonaise, notamment dans le domaine de l’enseignement des mathématiques. Ils l’ont enrichi pas des leçons parallèles ou deux groupes d’études de la leçon travaillent en parallèle sur des classes différentes entre deux établissements ou districts, et comparent ensuite les résultats obtenus.

Source

Huang, R. J., & Li, Y. P. (2008). Challenges and opportunities for in-service mathematics teacher professional development in China. Journal of Mathematics Education17(3), 32-38.

Huang, R., Peng, S., Wang, L., & Li, Y. (2010). Secondary mathematics teacher professional development in China. Reforms and issues in school mathematics in East Asia, 129-152.