Le nouveau contexte de l’inspection en Norvège

L’inspection scolaire n’est pas quelque chose de nouveau en Norvège. La tradition de l’inspection remonte au milieu du XIXe siècle mais elle a été longtemps assurée par un bureau des directeurs qui avaient des responsabilités dans le suivi individuel des écoles et le contrôle de la gestion des fonds publics. En plus de contrôler la qualité des installations pour l’enseignement, ils aidaient et guidaient les écoles sur le plan pédagogique au cours de leur visite. Ce rôle de superviseur, administrateur et contrôleurs pour l’Etat s’est maintenu pendant 130 années malgré une succession de réformes. Dans les quatre premières décennies du XXe siècle, les pédagogues et les responsables publics prirent l’ascendant sur les théologiens qui régnaient en maître sur les écoles et, après la dissolution de l’union entre la Norvège et la Suède, le rôle des directeurs fut étendu comme contrôleur des normes et de la pédagogie. Dans les années 70, les inspections devirent toutefois plus accompagnatrices en contribuant au développement des projets d’établissement. La décentralisation dans les années 80-90, en donnant plus de pouvoirs et d’autonomie aux collectivités locales, a conduit à fermer ses bureaux étatiques. Alors que l’Etat évaluateur se développait, un système d’assurance-qualité a été mis en place au cours des années 2000 conduisant à l’élaboration d’indicateurs de qualité administrés par les écoles, ainsi que des évaluations nationales et une enquête annuelle sur les élèves. Ce fut la conséquence de la publication de l’enquête PISA qui critiquait le manque de suivi des établissements scolaires en termes d’évaluation. En 2006, avec le développement de l’assurance-qualité, l’inspection scolaire a été créée avec d’autres instruments d’évaluation de la qualité des établissements. La base légale de l’intervention des inspecteurs norvégiens repose sur une loi de 1998 qui demande aux gouvernements locaux de s’assurer que les pratiques des autorités locales comme des établissements sont conformes à la législation. Mais le renouveau de l’inspection a été formulé par un livre blanc de « qualité dans les établissements scolaires » en 2008 qui demande une révision des méthodes de contrôle traditionnelles et le développement de l’évaluation comme de l’accompagnement des équipes, en prenant exemple sur l’inspection suédoise. L’inspection norvégienne a donc connu une série de transformations au cours de la dernière décennie à travers la réforme du cahier des charges de l’inspection. Un document de 37 pages a permis d’élaborer les nouvelles procédures pour des inspections régulières devant s’intéresser davantage à l’examen de la situation administration et de la pédagogie dans les établissements scolaires. Il est aussi demandé à ces établissements de remplir des documents préparatoires à la visite de l’inspection. Le manuel de l’inspection, qui n’a cessé d’évoluer, demande explicitement aux inspecteurs de formuler des avis et des recommandations aux établissements. Les chefs d’établissements sont aussi invités à utiliser les ressources et les outils mis à leur disposition, en plus des recommandations des inspecteurs, pour améliorer la situation de leur établissement. L’objectif est d’améliorer la communication entre les « auditeurs » et les « audités ». Les élèves doivent aussi répondre à un questionnaire qui est utilisé ensuite dans la discussion entre les inspecteurs, le chef d’établissement et l’équipe pédagogique.

Source :Jeffrey Brooks Hall (2018): Processes of reforming: The case of the Norwegian state school inspection policy frameworks, Education Inquiry, DOI: 10.1080/20004508.2017.1416247