Le gouvernement des écoles : une tradition chinoise

Le gouvernement des écoles fut bien en avance dans l’histoire chinoise. Les archives indiquent clairement qu’il existait dès la Dynastie des Zhou de l’Ouest (1046-771 av. J.-C.). Elles étaient administrées et gérées par le gouvernement impérial et dénommées écoles du gouvernement central, Collèges Impériaux ou Ecoles Impériales, comme la Guoxue pour les Zhou de l’Ouest, la Taixue, Gundi Xue, et Hongdumen Xue pendant la dynastie Han (206 av. J.-C. ; 220 apr. J. -C.), ou encore la Guozi Jian, Tai Xue et Simen Xue Durant la dynastie Tang (618-907). Celles qui étaient administrées et gérées par les gouvernements régionaux pendant plusieurs dynasties étaient appelées les écoles officielles locales. Dans ces écoles impériales ou gouvernementales, les enseignants recevaient les titres de Sue Guan, ou Fonctionnaires de l’Instruction, et ils étaient fonctionnaires de la Cour Impériale. Les titres des enseignants attestés dans le Livre des Rites comprenait Da Siyue, Da Yuezheng, et Xiao Yuezheng. Pendant la dynastie Han (206 av. J.-C.; 220 apr. J.-C.), les enseignants recevaient les titres de Wujing Boshi et Boshi Jijiu; pendant la dynastie Sui (581-618), on distinguait entre le Jijiu, la personne avec des responsabilités générales dans l’enseignement, et Siye, la personne qui assistait le Jijiu; la dynastie Tang (618-907) continua le système de la dynastie Sui; la dynastie Song (960-1279) créa un département des filières d’enseignement et de la sélection, et la Dynastie Ming (1368-1644) réservait des postes d’inspection des écoles aux fonctionnaires, alors que la dynastie Qing (1644-1911) possédait des inspecteurs pour l’administration scolaire. Tous ces fonctionnaires étaient financés par la Cour Impériale.

La caractéristique la plus importante de combinaison du gouvernement et des écoles concerne l’intégration de l’éducation et de la sélection individuelle comme l’indiquaient les examens civils impériaux. C’était un système sélectif dans lequel des examens unifiés étaient passés à différents niveaux administratifs, les personnes étaient sélectionnées selon leur niveau de performance à ses examens et ceux qui étaient sélectionnés étaient nommés à différentes positions au sein du gouvernement selon leurs résultats.  Bien que le contenu des examens ait varié d’une dynastie à l’autre, le cœur demeura Les Quatre Livres et Les Cinq Classiques.[1]. Dans ces circonstances, recevoir une éducation consistait à réciter ces classiques et les expliquer en préparant les examens pour être élu à des positions officielles.

Les aspects de cet intégration du gouvernement et des écoles fut aussi complètement présent dans les fondations révolutionnaires de la Chine. Pendant l’époque révolutionnaire, l’éducation fut centrée sur celle des cadres, et les étudiants étaient des cadres de différents niveaux profitant du statut de fonctionnaire en même temps. Tous les enseignants des écoles étaient aussi de cadres. Le but comme le contenu de l’éducation était de servir les combats de la révolution. Même après la libération en 1949, les étudiants des collèges continuèrent à profiter des privilèges politiques. On peut dire qu’il y a pu avoir un lien entre cette tradition et les pratiques consistant à voir l’éducation comme un outil de combat de classe ou politique.

D’après Gu Mingyuan (2014) Cultural Foundations of Chinese Education, Brill

http://www.brill.com/products/book/cultural-foundations-chinese-education

 

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