Le chef d’établissement en Chine

En chine, le chef d’établissement assume une pleine responsabilité dans la gestion de l’établissement scolaire mais le secrétaire du Parti Communiste supervise son action tandis qu’un comité du personnel participe aux décisions de gestion. Le chef d’établissement s’occupe de l’enseignement, du personnel et des finances. Généralement, en fonction de la taille de l’établissement, deux ou trois chefs d’établissements adjoints participent à la direction scolaire en assistant le chef d’établissement dans la gestion de l’enseignement dans les classes, de la discipline et de l’éducation morale, des questions de logistique.

Le secrétaire du Parti Communiste supervise la mise en œuvre des recommandations politiques à l’échelle de l’établissement mais il est aussi en charge de l’éducation morale. Le Parti Communiste exerce une forte influence sur la gestion du personnel particulièrement dans la sélection des enseignants leaders qui ont plus de chances d’être promus s’ils appartiennent au parti. Le bureau d’éducation local est l’unité administrative de base et il alloue les budgets pour les établissements mais il nomme aussi les chefs d’établissement. Le comité du personnel, avec le secrétaire du Parti Communiste décide du recrutement des enseignants tout en les aidant dans le développement de leur carrière. Il protège aussi les droits et les intérêts des enseignants. Le chef d’établissement a le pouvoir d’embaucher ou de licencier les administrateurs comme les enseignants, de prendre des décisions pour les questions administratives, de superviser les activités d’enseignement, de récompenser ou punir les membres de l’équipe pédagogique, et de prendre des décisions dans l’usage des budgets.

Le système d’autorité est aussi relativement hiérarchique et centralisé. Le ministère de l’éducation décide des programmes scolaires et des examens. Les gouvernements des provinces publient les manuels scolaires et les ressources pour l’enseignement. Les chefs d’établissement sont responsables de la mise en œuvre des programmes scolaires auprès du bureau local. En même temps, les établissements sont encouragés à adopter des contenus scolaires locaux en plus des contenus nationaux. Les chefs d’établissement se voient donc accorder de plus en plus d’autonomie alors qu’ils ont une autorité importante dans la gestion des ressources humaines. Cette autonomie va jusqu’à la supervision des activités d’enseignement dans la classe. Les chefs d’établissement cherchent par ailleurs à attirer les meilleurs enseignants en leur offrant des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Ils leur proposent des programmes de formation en échange d’un contrat à long terme avec l’établissement scolaire. De plus, les meilleurs enseignants se voient attribuer des positions de management intermédiaire comme responsable d’une discipline scolaire ou adjoint du chef d’établissement. Les chefs d’établissement doivent aussi trouver les meilleurs financements pour leur établissement par exemple en faisant payer des droits d’inscription aux élèves quand l’établissement est réputé et attractif, en trouvant des sponsors, des entrepreneurs ou des organisations non gouvernementales qui apportent un financement supplémentaire, en faisant de l’argent en montant une épicerie, une imprimerie, ou une maison d’édition, ou une cafétaria.

L’action du chef d’établissement se manifeste aussi dans sa capacité à formuler une vision, à accompagner l’enseignement et l’apprentissage des élèves, et créer un environnement et une culture favorable pour la réussite scolaire. Il existe toutefois plusieurs styles de direction scolaire :

Le style paternaliste : c’est un chef d’établissement qui possède une autorité absolue dans l’établissement scolaire. Il prend toutes les décisions et il est dans une position concurrente au secrétaire du parti communiste. Cela peut conduire à des abus de pouvoir et un climat de méfiance et d’injustice vis-à-vis des décisions précises.

Le style de direction scolaire démocratique : l’établissement est considéré comme une grande famille et le sentiment d’appartenance collective à une même organisation est fortement développé. Les chefs d’établissement sont soucieux de changement, d’optimisation des ressources mais aussi de discussion avec les membres de l’équipe pédagogique.

Le style de direction du milieu : c’est la quintessence du confucianisme. La direction scolaire cherche à maintenir équilibre et harmonie dans un esprit d’auto-discipline, de modestie, d’empathie et de justice vis-à-vis des enseignants. La solidarité et l’harmonie dans l’établissement sont érigées en vertus dans les relations sociales au sein de la communauté éducative.

Le style de direction innovant : les chefs d’établissement encouragent l’apprentissage tout au long de la vie, la pensée critique, et les initiatives dans l’établissement scolaire. Les chefs d’établissement sont inspirés, passionnés, créatifs et soucieux de rompre avec le conformisme. Ils acceptant une prise de risque mais ne sont pas toujours suivis par les enseignants, et parfois en l’absence de confiance, ils peuvent générer des situations de crise.

Le style de direction administratif : les chefs d’établissement mettent l’accent sur la fonction administrative : ils se préoccupant d’accueillir les visiteurs, de remplir les documents administratifs, et d’entretenir des liens avec les partenaires de l’école. Ils surdéterminent leur investissement dans la gestion au détriment de la supervision des activités pédagogiques.

Source Meng Tian. Työn nimi – Title. Distributed Leadership and Teachers’ Self-efficacy: The case studies of three Chinese schools (2012)

https://jyx.jyu.fi/dspace/bitstream/handle/123456789/37175/URN:NBN:fi:jyu-201201091015.pdf?sequence=1