Le chef d’établissement comme manager mais pas que…

Dans une définition étroite, le chef d’établissement-manager est celui qui gère des ressources informationnelles, techniques, financières, humaines en définissant des objectifs, en planifiant des actions, en conduisant une stratégie, et en évaluant les actions et les objectifs sur une base régulière, tout en mobilisant et en faisant travailler une ou plusieurs équipes.

Mais cette définition ne correspond pas toujours au travail réel des chefs d’établissement. Essayons de mieux spécifier ces rôles et ces responsabilités dans le domaine du management scolaire.

D’abord, les chefs d’établissement ont un rôle d’information des équipes pédagogiques, ils sont à la recherche d’information en observant les activités des uns et des autres, diffusent les informations qui leur semblent opportunes et transmettent aussi régulièrement des informations à sa hiérarchie : ce sont donc des porte-parole au sens de celui qui porte la parole. C’est donc une première dimension du travail des chefs d’établissement : une dimension informationnelle. Chercher, diffuser, reporter des informations.

Un deuxième rôle est une activité de gestion de l’organisation scolaire : gestion des ressources humaines et financières, des projets éducatifs ou pédagogiques, mais aussi des conflits entre personnes et de l’attribution des responsabilités administratives, éducatives, pédagogiques. Les chefs d’établissement doivent donc prendre des décisions sur les actions à conduire qui lui semblent le plus légitimes. C’est la deuxième dimension du travail du chef d’établissement : une dimension décisionnelle et gestionnaire.

Le troisième rôle est lié au fait que les équipes de direction ne travaillent pas dans un environnement stable, planifié, programmé à l’image des robots sur une chaîne de montage. Ils doivent faire avec de l’humain. Les chefs d’établissement doivent donc diriger une équipe, se coordonner avec leurs collaborateurs et leur hiérarchie, et représenter leur équipe ou leur organisation à des tiers.

 L’autorité ne suffit pas à faire travailler une équipe ou une organisation. Il n’y a pas d’autorité sans légitimité, laquelle se construit au quotidien dans le face-à-face avec les personnes, sauf si l’on considère que la peur, la crainte, le menace, la pression sont des moyens efficaces de faire travailler les personnes. Mais c’est plutôt en contradiction avec la plupart des résultats de la psychologie sociale qui se sont intéressés à la motivation et à l’efficacité dans le travail.

En résumé, la troisième dimension du travail de l’équipe de direction : c’est une dimension humaine et interpersonnelle. Développer des interactions et construire des relations.  C’est à cette dimension du management que nous faisons référence ci-dessous au sens où elle peut recevoir des acceptions multiples.

Pour en savoir plus :

  • Romuald Normand, Le leadership du chef d’établissement. Anti-Manuel (en ligne) de pilotage pédagogique : https://www.cfcpe-edu.org/ressources/publications/
  • Téléchargeable ici