La politique de l’expertise collaborative selon John Hattie (4)

Tâche 5 : CONNAIS TON effet ! En faisant en sorte que tout le monde partage la responsabilité des effets sur le progrès des élèves dans l’école

Le modèle avancé ici est que le chef d’établissement est responsable pour demander des effets de tous les adultes sur l’apprentissage des élèves de manière continue. Bien sûr, je n’oublie pas que les élèves sont des acteurs dans l’amélioration de leur apprentissage. Mais c’est un bonus, l’intérêt composé. Ce qui est demandé, c’est que les chefs d’établissement deviennent des leaders dans l’évaluation des effets de tous sur les progrès ; les enseignants comme les élèves eux-mêmes.

Les chefs d’établissement doivent travailler continuellement avec leur personnel pour évaluer les effets de tous sur la progression des élèves. Ils ont besoin de créer un environnement de confiance où le personnel peut débattre de ces effets et utiliser l’information pour concevoir de futures innovations. Et ils doivent communiquer l’information sur les effets et la progression aux élèves comme aux parents. Les écoles doivent devenir des incubateurs de programmes, des évaluateurs d’impact et des experts pour interpréter les effets des enseignants et de l’enseignement sur tous les élèves.

En bref, nous devons développer un climat d’évaluation dans notre système éducatif. L’expérience a montré que les cycles d’évaluation de dix à douze semaines sont à peu près optimaux. Moins de semaines conduit à une surévaluation ou un temps insuffisant pour déceler des changements ; plus de semaines cela peut créer des dommages même si la réussite est là pour certains élèves. Nous devrions le savoir et réagir de manière appropriée. Cela veut dire demander aux enseignants d’être clairs sur la réussite ou l’effet avant de commencer à enseigner une série de leçons.

Bien sûr, cela doit commencer par poser les questions, « effet sur quoi ? Selon quelle magnitude ? effet pour qui ? L’évaluation de l’effet nécessite des analyses du développement de l’élève sur une année, et il est probable qu’il peut différer selon où l’élève commence ce développement. L’évaluation de l’effet exige que les écoles et le système éducatif soient plus clairs sur ce que signifie être bon dans diverses disciplines, d’être plus clair sur ce à quoi les progrès d’une année correspondent en fournissant au personnel des occasions de collaboration pour prendre ces décisions.

C’est la partie la plus difficile de notre travail, en tant qu’enseignants, nous avons été tellement habitués à attendre et voir ce que les élèves font, voir quels élèves sont actifs et ensuite choisir des exemples de progrès réussis. Notre modèle alternatif demande aux enseignants de préciser à quoi ressemblerait le succès et l’ampleur de l’effet, et nous leur demandons de préparer des évaluations à faire passer non à la fin mais avant de commencer à enseigner. Le bonus de cette préparation est qu’il assure que les enseignants comprennent à quoi la réussite est censée ressembler avant qu’ils ne commencent à enseigner, et il augmente la probabilité que les enseignants communiquent cette vision de la réussite aux élèves.

Il est également nécessaire d’entendre les élèves à propos de l’effet des enseignants dans les débats sur l’apprentissage et l’enseignement; c’est-à-dire, d’écouter le point de vue des élèves sur la façon dont ils sont prise en charge et respectés en tant qu’apprenants, comment ils sont captivés par les leçons, comment ils peuvent voir les erreurs comme des occasions d’apprentissage, comment ils peuvent prendre la parole et partager leur compréhension et comment ils peuvent fournir et chercher une rétroaction (feedback) afin qu’ils sachent où aller par la suite. Comme ma recherche sur l’apprentissage visible l’a montré, la voix des élèves peut être très fiable, elle comprend rarement des commentaires sur la personnalité des enseignants et, convenablement utilisée, elle peut être une ressource majeure pour comprendre et promouvoir l’enseignement et l’apprentissage avec un fort impact.

Hattie, J. (2015). What works best in education: The politics of collaborative expertise. Pearson.

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