La formation des chefs d’établissement en Norvège

L’enquête PISA a fait l’objet d’une grande attention en Norvège et la faiblesse des résultats du pays a conduit à renforcer les exigences d’évaluation du système éducatif. De nouvelles procédures d’évaluation des élèves ont été mises en œuvre pour améliorer la qualité et réguler le travail des enseignants, selon les principes de la nouvelle gestion publique et de l’assurance-qualité. Les établissements scolaires sont maintenant tenus responsables des résultats et les exigences vis-à-vis de la direction scolaire se sont accrues.

Les municipalités et les comtés locaux continuent toutefois de jouer un rôle important dans la gouvernance de l’éducation et ils exercent leur contrôle sur les établissements dans le domaine du financement et du recrutement des enseignants, mais aussi la formation des enseignants et des chefs d’établissement. Les enseignants bénéficient d’une bonne autonomie et les relations professionnelles sont plus horizontales que verticales, avec un élargissement des rôles et des responsabilités des chefs d’établissement à l’échelle municipale.

La Norvège a revu ses exigences en matière de qualification des chefs d’établissement, en rendant leurs rôles et responsabilités plus explicites, et en accentuant les fonctions de pilotage pédagogique en spécifiant davantage les compétences, connaissances et attitudes en ce domaine. Un livre blanc sur « la qualité dans les établissements » rendu publié par le Ministère de l’Education en 2008 a établi de nouveaux programmes de formation pour les chefs d’établissement. Sa Direction de l’Education et de la Formation a défini quatre grands domaines de compétences :

  • Les résultats des élèves et l’environnement d’apprentissage
  • La gouvernance et l’administration
  • La coopération et le développement organisationnel, le conseil aux enseignants
  • Le développement et le changement

Ces programmes de formation doivent contribuer à faire des chefs d’établissements des leaders capables de développer un leadership démocratique, confiant et courageux dans les établissements scolaires. Des universités ont été retenus pour délivrer ses programmes de formation. Si les contenus satisfont aux exigences du ministère, il existe cependant des différences entre eux. Ainsi :

  • Le programme de l’Ecole de Management de Norvège, l’un des opérateurs retenus, a choisi de développer ses formations dans les domaines suivants : économie de l’éducation, efficacité et efficience de l’école, gouvernance et changement, leadership et management des ressources, apprendre et théories de l’apprendre. En plus de ces cours thématiques, le programme offre des formations sur la communication et le management du pouvoir et de l’influence. Le programme est fortement centré sur les compétences managériales et l’exécution des politiques gouvernementales tout en insistant sur les changements et les attentes de la société
  • Le programme de l’université de Bergen met plutôt l’apprentissage des élèves au centre, et particulièrement les défis auxquels sont confrontés les enseignants pour répondre aux besoins individuels des élèves. Il est demandé aux chefs d’établissement de réfléchir aux établissements scolaires comme organisations apprenantes et à la façon de faciliter un fort professionnalisme parmi les enseignants. Les chefs d’établissement apprennent à utiliser les outils d’évaluation et à développer une compréhension de l’éducation inclusive, mais aussi à construire des compétences collectives centrées sur l’apprentissage des élèves. Enfin, on insiste sur les compétences au dialogue, à la coopération, à la gestion des tensions et des conflits, des émotions, mais aussi des valeurs comme l’équité, la confiance, et le respect qui sont considérés comme des attributs essentiels du chef d’établissement.

En dépit de leurs différences, ces programmes ont été sélectionnés pour assurer la formation des chefs d’établissement en Norvège et ils sont mis en œuvre et adaptés en fonction des enjeux et des contextes locaux. Les municipalités encouragent la formation de réseaux locaux qui permettent d’échanger et de réfléchir aux pratiques professionnelles des chefs d’établissement Elles possèdent une grande autonomie dans le choix des programmes de formation qu’elles veulent dispenser à leurs cadres.

 

Møller, J., & Ottesen, E. (2011). Building leadership capacity: The Norwegian approach. In International handbook of leadership for learning (pp. 619-634). Springer, Dordrecht.

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