Inspection scolaire en Europe : la fréquence des visites

 

Une étude européenne récente a permis de caractériser les pratiques de l’inspection dans 6 pays et montrer des différences dans la fréquence des visites, les conséquences de l’inspection, et le contenu comme la forme des rapports. D’autres résumés peuvent être trouvés dans le « livre bleu » de l’Association Européenne des Inspecteurs de l’Education (SICI The Standing International Conference on Inspectorates of Education : http://www.sici-inspectorates.eu/)

Certaines inspections adoptent le principe de visites régulières des établissements tandis que d’autres pratiquent des inspections cycliques. Dans ce cas, la visite est proportionnée aux risques que fait courir l’établissement en termes de réussite des élèves et de climat scolaire. La décision de l’inspection est souvent fondée sur les documents fournis par l’établissement lui-même, notamment à la suite d’une démarche d’auto-évaluation. L’inspection intervient lorsqu’elle juge qu’il y a un défaut de qualité ou une inefficience dans l’organisation scolaire, et de manière inversement proportionnelle à la réussite de l’établissement, ce qui lui permet d’être plus efficiente dans l’usage des ressources et le déploiement des inspecteurs.

Cette inspection cyclique caractérise depuis longtemps l’inspection anglaise et néerlandaise. Toutefois au Pays-Bas, chaque établissement est visité au moins une fois tous les quatre ans. En Angleterre, l’OFSTED conduit des visites régulières de tous les établissements, tandis que 40% des établissements sont classés « satisfaisants », mais tous les établissements jugés inadaptés font l’objet d’une inspection renforcée. En Suède, l’inspection de base concerne tous les établissements tous les 4-5 ans, alors que les établissements classés « faibles » font l’objet d’une inspection élargie à partir de l’analyse de leurs résultats aux tests nationaux, ou d’observations préalables faites par l’inspection, ou de plaintes des élèves, parents ou même enseignants.

Les inspections irlandaise, tchèque, et autrichienn visitent tous les établissements même si des changements sont observables pour diminuer le nombre de visites en développant de nouveau critères ou en inspectant moins souvent les petits établissements. Cette diminution de la fréquence des inspections s’explique par le développement de procédures d’auto-évaluation, et le développement de systèmes de données locales qui permettent de mieux évaluer en amont les difficultés ou la réussite des établissements scolaires. Cela permet aussi de réduire les coûts pour l’administration publique et la charge administrative pour les établissements comme pour les autorités locales.

Ehren, M. C., Altrichter, H., McNamara, G., & O’Hara, J. (2013). Impact of school inspections on improvement of schools—describing assumptions on causal mechanisms in six European countries. Educational Assessment, Evaluation and Accountability25(1), 3-43.

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