Décentralisation, équité et sélection dans le système éducatif finlandais

Dans les années 1970-80, le système éducatif était centralisé. La décentralisation, amorcée dans les années 80, a transféré beaucoup de compétences aux collectivités locales en leur donnant davantage d’autonomie et de responsabilités. Les principes égalitaires de l’école compréhensive ont été maintenus mais les enseignants ont pu davantage prendre en charge les contenus d’enseignement à l’échelon local. Si l’égalité des chances demeure un principe supérieur commun, avec une école gratuite, le gouvernement s’est préoccupé de l’inclusion scolaire et du développement des compétences de base parmi les élèves, tout en exigeant un renforcement de la formation des enseignants. L’éducation aujourd’hui en Finlande est un service public et l’éducation de base comprend 9 années de scolarité. Les services éducatifs sont principalement fournis par les communes ou un regroupement de communes dans les zones rurales. Ces communes sont responsables de la qualité des écoles mais aussi des contenus scolaires, et de l’enseignement du bilinguisme pour les élèves issus de l’immigration. A l’âge de 15 ans, la moitié des élèves sont orientés vers les lycées pour accéder à l’enseignement supérieur, tandis que l’autre moitié s’oriente vers l’enseignement professionnel mais avec des possibilités d’accès à l’enseignement supérieur par la suite, notamment dans des écoles polytechniques. Les enseignants du secondaire peuvent enseigner une ou deux disciplines d’enseignement. L’entrée dans l’enseignement supérieur se fait sur la base d’un numerus clausus défini par négociation entre le ministère de l’éducation et les institutions d’enseignement supérieur. Le financement ne dépend pas des droits d’inscription des étudiants mais de leurs résultats et les diplômes sont conçus en fonction des besoins de l’économie et de la société. La compétition pour l’accès à l’enseignement supérieur est forte parmi les étudiants, alors que moins d’un quart des candidats sont acceptés. C’est seulement 10 à 15% des candidats pour l’accès à la formation des enseignants, et la sélection est encore plus forte pour les disciplines scientifiques.