Culture et éducation en Finlande

La culture en Finlande est inséparable d’une attitude positive envers l’éducation. Celle-ci a historiquement été pensée comme une ressource pour ce petit pays. L’éducation et l’enseignement ont été fortement valorisés par la société et à travers un consensus politique mais aussi une confiance envers les enseignants et la profession enseignante. Cette référence à la culture est présente parmi les élèves, les enseignants, et les chefs d’établissement finlandais pour expliquer le succès de la Finlande dans les résultats de l’enquête PISA. La première révolution scolaire s’est amorcée au milieu du XIXe siècle, avec la première école élémentaire mais aussi les premières écoles secondaires parlant le finnois dans un pays marqué longtemps par la domination suédoise et russe. La seconde moitié du XIXe siècle peut être caractérisée comme une période « des lumières » de l’éducation finlandaise, sous l’influence de deux importants penseurs et visionnaires : Johan Vilhelm Snellman, philosophe, sénateur et chef d’établissement, et le fameux révérend Uno Cygnaeus, considéré comme le père de l’enseignement obligatoire en Finlande. Les idées de ces fondateurs, en plus de la diminution de ‘influence de l’église dans la politique et l’éducation, ont facilité l’émergence d’un mouvement nationaliste appelé ‘Fennomani » en faveur de l’identité nationale finlandaise pour l’éducation. La familiarité avec la culture rurale et l’amour de la patrie ont conduit à un mouvement d’égalisation des conditions d’enseignement pour les classes sociales les plus désavantagées tout au long du XVIIIe et du XIXe siècles. Le mouvement national comptait dans ses rangs des professeurs d’université qui ont aussi promu l’éducation. La formation des enseignants fut considérée comme un moyen essentiel de promouvoir une éducation nationale. Le respect des enseignants, considérés comme les « bougies de la nation » s’est affirmé dans les villages et les communautés locales. La maîtrise des compétences de base en lecture fut fortement défendue par l’église luthérienne bien avant le système d’éducation publique. Le consensus politique sur l’éducation demeure encore aujourd’hui très fort  et les principes de l’éducation sont partagées par la majorité de la population : décideurs, administrateurs, enseignants, parents,, élèves sont attachés aux principes de respect et de confiance mutuelle selon l’adage  » l’investissement dans le peuple est le meilleur investissement » nourrissant un espoir commun d’un meilleur futur grâce à l’éducation. La confiance entre les professionnels est le fondement d’une solidarité commune et d’une sorte de professionnalisme démocratique ancré dans de forts liens communautaires.

D’après Simola, H. (2005). The Finnish miracle of PISA: Historical and sociological remarks on teaching and teacher education. Comparative education41(4), 455-470.

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