8-9 Octobre 2018. Symposium International. Maison Inter-Universitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace, Université de Strasbourg

L’Unité Mixte de Recherche CNRS SAGE (Société, Acteurs et Gouvernement en Europe) et le Centre Franco-Chinois pour l’Innovation en Education (Université Normale de Pékin) a organisé, en partenariat avec l’Université Fédérale du Minas Gerais (GESTRADO), le réseau des sociologues de l’éducation (Association Européenne de Recherche en Education), et le réseau thématique « La globalisation et la restructuration des professions de l’éducation » (Association Mondiale de la Recherche en Education) un symposium international sur le thème :

Un gouvernement par les nombres à l’échelle internationale. De nouveaux rapports entre l’Etat et les professions de l’éducation ?

Problématique

A l’échelle internationale, un gouvernement par les nombres s’étend au travers de nouveaux outils d’évaluation alors que l’enquête PISA devient une référence incontournable pour la conduite des politiques éducatives (Grek, 2009). Les organisations internationales, comme l’OCDE ou la Commission Européenne sont des acteurs clés de ces transformations parce qu’elles produisent des rapports et adressent aux Etats des recommandations pour engager les acteurs de l’éducation dans une nouvelle économie de la connaissance (Sellar, Lingard, 2013, 2014).

 Ces discours et mots d’ordre, recommandations ou prescriptions, outils de gouvernement et d’évaluation, référentiels de qualité ou classements circulent à l’échelle internationale et donnent lieu à différentes formes d’emprunts et de transfert de politiques publiques d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, avec d’importantes variations dans la place accordée au marché et à la privatisation, à la décentralisation, à l’assurance-qualité, aux technologies de la preuve, de même qu’aux conceptions des rapports de l’Etat aux professions, à l’expertise et à la recherche, à l’évaluation et la transmission des savoirs, aux méthodes de management et de direction scolaire (Steiner-Khamsi, Waldow, 2012).

Le symposium international vise à dresser un état des lieux de cette circulation internationale d’un gouvernement par les nombres en Europe et dans le monde, en caractérisant les continuités et les ruptures observées depuis les années 80 dans la mise en oeuvre des réformes et leurs effets sur les professions de l’éducation (Seddon, Levin, 2013). De l’Amérique du Sud à l’Europe et à la Chine, ce sont autant de configurations historiques, culturelles, institutionnelles démontrant que la globalisation des systèmes éducatifs n’est pas un processus homogène. La circulation internationale prend forme en effet au travers de contextes nationaux et locaux, des trajectoires institutionnelles spécifiques, de processus d’assimilation et de diffusion des réformes dans lesquels les acteurs s’investissent selon différentes formes de mobilisation (Lingard, Shaun, 2011). 

Le premier objectif du symposium est de questionner la façon dont différentes organisations et agences mondiales ont contribué à forger, avec les développements de l’enquête PISA, des outils d’évaluation des systèmes éducatifs et des discours centrés sur l’efficacité et la qualité en éducation. Cet agenda politique réformateur, qui circule à l’échelle internationale, met à l’épreuve les savoirs professionnels et l’expertise des professions de l’éducation, ainsi que leur autonomie, en promouvant de nouveaux standards, recommandations et bonnes pratiques (OCDE, 2005, Seddon, Ozga, Levin, 2013, Roberston, 2012). Les bons élèves de l’enquête PISA, notamment asiatiques, sont souvent pris comme référence par les experts pour faire valoir une modernisation et une amélioration de la qualité des systèmes éducatifs selon un objectif de performance et de compétitivité (Schleicher, 2012, Lindblad & Popkewitz, 2004). Des outils spécifiques sont développés (standards de qualité, audits, benchmarks, données probantes) qui font l’objet de réappropriation dans les contextes nationaux et locaux.  Parallèlement à cet agenda international, les politiques publiques d’éducation font grand usage du gouvernement par les nombres en développant différents outils d’évaluation (tests, indicateurs, etc.). Ceux-ci ont des effets importants sur le travail des professions alors que s’affirment des principes d’autonomie locale, d’évaluation externe, de diversification de l’offre éducative, de rémunération à la performance (Ozga & Lingard, 2007, Ball, 2016, Gewirtz & alii, 2009).

Dans l’analyse de cette circulation internationale, l’enjeu est aussi de reconnaître la fluidité, multiplicité et contingence historique des politiques d’éducation (Popkewitz, 2000). Cette circulation ne correspond pas simplement à un transfert des organisations internationales vers des espaces nationaux mais à des dynamiques croisées combinant des processus de diffusion, sélection et adaptation ainsi que des phénomènes d’interdépendance entre des acteurs nationaux et locaux aux intérêts comme aux ressources variés (Dale, 2009). Plusieurs travaux de recherche ont déjà caractérisé ces processus en termes de « médiation », « recontextualisation », « glocalisation », « bricolage », « hybridation » en montrant la complexité des jeux d’échelle, des trajectoires nationales, et des configurations en réseaux (Ball, Maroy, 2009 ; Dale, 1999 ; Ball, 1998, 2009 ; Maroy, 2009).  Le gouvernement par les nombres est donc à l’interface de multiples jeux d’action et d’interaction au sein d’espaces politiques eux-aussi extrêmement diversifiés. L’objectif du symposium est de rendre compte de ces variations politiques, culturelles, institutionnelles en différentes régions et pays du monde en montrant comment les réformes en cours convergent ou divergent par leur intensité, leur rythme et leur mise en œuvre à des échelles nationales et/ou locales.

Le deuxième objectif de ce symposium international est d’interroger les rapports des professions de l’éducation à l’Etat (Hood, 1991). En effet, l’Etat, partout dans le monde, est relativement actif dans la restructuration des professions de l’éducation et leur adaptation jugée nécessaire à l’obligation de rendre compte et à la nouvelle gestion publique (Pollitt, 1990 ; Pollitt, Bouckaert, 2004). Le professionnalisme des acteurs de l’éducation est interpellé par des changements importants dans l’organisation scolaire, les conceptions de l’autonomie, les règles de sélection et d’entrée dans le métier, les carrières professionnelles, l’équilibre entre le public et le privé (Evans, 2008). Le gouvernement par les nombres a placé les enjeux d’efficacité, de qualité, et d’équité au centre de la régulation des systèmes éducatifs en rendant les professionnels de l’éducation plus responsable des résultats des élèves alors qu’ils devaient de plus en plus intégrer des outils d’évaluation dans leurs pratiques quotidiennes mais aussi s’investir dans des démarches collectives au sein des organisations scolaires (Biesta, 2015 ; Robertson, 2013). Ce professionnalisme de l’organisation, se substituant au professionnalisme de métier, a des conséquences importantes sur les statuts et l’éthique des groupes professionnels comme sur les conceptions de l’intérêt public et du bien commun dans l’éducation (Evetts, 2008).  Ces changements concernent les enseignants, les chefs d’établissement comme d’autres acteurs de la communauté éducative.

Le symposium vise donc à susciter une réflexion sur les changements et les continuités qui caractérisent les professions de l’éducation et leur rapport à l’Etat (Clarke, Newman, 1997). Le nouveau professionnalisme, s’il entend rompre avec une logique bureaucratique, maintient toutefois une hiérarchie et un contrôle sur les professionnels, ainsi qu’une relative standardisation des pratiques au travers de dispositifs et de techniques de normalisation (Mahony, Hextall, 2000 ; Evetts, 2009). Mais les professions de l’éducation sont aussi de plus en plus contraintes par les nouvelles exigences de l’audit ou de l’auto-évaluation, du management par la qualité, tandis que des formes traditionnelles de collégialité et de solidarité entre pairs tendent à s’effacer au profit de logiques plus centrées sur la performance, la flexibilité, l’individualisation des rémunérations et des carrières (Gunter & alii, 2007, Gunter & Fitzgerald, 2013, Gunter & alii, 2016 ; Ozga & alii, 2011, Green, Lingrend, 2014). Toutefois, ces nouvelles organisations donnent aussi place à des pratiques collaboratives ou un travail en réseau offrant des possibilités nouvelles en termes de formation, d’innovation et de partenariats.

L’analyse d’un gouvernement par les nombres est inséparable d’une réflexion sur l’impact des nouvelles technologies numériques sur l’enseignement et la coordination des activités éducatives (Williamson, 2016 ; Fenwick, Landri, 2012). Toutefois, au-delà d’une instrumentalisation et technicisation des pratiques, le symposium s’intéresse à la façon dont ces nouvelles relations de travail par le numérique s’appuient sur la mise en avant de nouveaux principes et visions de l’éducation. Couplés à de nouveaux arrangements spatiaux et temporels, ils contribuent à redéfinir les identités professionnelles, selon des injonctions parfois paradoxales en termes de responsabilisation et d’engagement au service de la réussite des élèves. Les cultures des professions de l’éducation tendent à se redéfinir en adoptant des compromis entre valeurs traditionnelles et vision technocratique, compétition et inclusion, performance et accompagnement, lesquelles confrontent les professionnels à des situations d’incertitude, de dilemmes moraux, de fragmentation de leurs identités et subjectivités. Le symposium est l’occasion d’interroger ces nouvelles fabrications du soi et de l’expérience professionnelle au sein de contextes nationaux et locaux très variés.

L’enjeu du symposium est de répondre aux questions thématiques suivantes :

  • Quels sont les effets d’une circulation internationale d’un gouvernement par les nombres sur les politiques nationales et/ou locales d’éducation en termes de dynamiques et de trajectoires institutionnelles ?
  • Comment les développements de l’enquête PISA suscitent la circulation internationale d’un agenda réformateur, en termes de connaissances produites, de rencontres entre décideurs politiques nationaux, de mobilisation de groupes d’experts, de développements de rapports internationaux et nationaux ?
  • En quoi les idées, modèles, instruments, techniques qui circulent à l’échelle internationale sont réappropriés et réintroduits dans des contextes nationaux et locaux ? Sous quelles formes en termes d’évaluation, d’organisation, de formation des acteurs de l’éducation ? Avec quels effets sur les professions ?
  • Comment s’opèrent des formes de mobilisation de responsables, d’experts, d’associations, de syndicats, de media autour de la présentation et la diffusion des résultats de l’enquête PISA ?
  • De quelle manière la circulation internationale d’un agenda réformateur après l’enquête PISA conduit à une recomposition des rapports entre l’Etat et les professions ? Quels sont les mécanismes exogènes et endogènes qui expliquent ces transformations ? Quels sont les conséquences sur les cultures et les identités professionnelles ?
  • Quels sont les points de convergence dans la restructuration des organisations scolaires et des professions à l’échelle internationale ? Quels sont les facteurs historiques, culturels, institutionnels qui permettent d’expliquer des trajectoires différentes, l’élaboration de compromis, des phénomènes de traduction et d’hybridation au sein de contextes nationaux et locaux ?
  • Quels sont les caractéristiques du nouveau professionnalisme qui émerge à l’échelle internationale ? A quelles conceptions du métier correspondent-ils ? En quoi sont-elles influencées par la nouvelle gestion publique ? Que disent-elles des nouveaux rapports des acteurs de l’éducation à leurs savoirs professionnels et à l’organisation ?

Comité d’organisation : Luis Miguel Carvalho, Université de Lisbonne, Portugal ; Magdalena Hadjiisky, Université de Strasbourg, France ; Louis Levasseur, Université Laval, Québec ; LIU Min, Université Normale de Pékin, Chine ; Romuald Normand, Université de Strasbourg, France ; Dalila Andrade Oliveira, Université Fédéral du Minas Gerais, Brésil

Comité scientifique : Jenny Assael, Université du Chili, Santiago, Chili ; Luis Miguel Carvalho, Université de Lisbonne, Portugal ; Rodrigo Cornero, Université du Chili, Santiago, Chili ; Xavier Dumay, Université Catholique de Louvain, Belgique ; Vincent Dupriez, Université Catholique de Louvain, Belgique ; Myriam Feldfeber , Université de Buenos Aires, Argentine ; Radhika Gorur, Université Deakin, Melbourne, Australie ; Emiliano Grimaldi, Université Frédéric 2, Naples, Italie ; Galina Gurova, Université de Tampere, Finlande ; Magdalena Hadjiisky, Université de Strasbourg, France ; Jaakko Kauko, Université de Tampere, Finlande ; Paolo Landri, Institut de Recherche sur la Population, Rome, Italie ; Martin Lawn, University of Oxford, Grande-Bretagne ; Louis Levasseur, Université Laval, Québec, LIU Min, Université Normale de Pékin, Chine ; Régis Malet, Université de Bordeaux, France ; Helena E. Mincu, Université de Turin, Italie ; Rick Mintrop, Université de Berkeley, Etats-Unis ; Christina E. Moldstad, University INN, Norvège ; Romuald Normand, Université de Strasbourg, France ; Dalila Andrade Oliveira, Université Fédérale du Minas Gerais, Brésil ; Olivier Perrenoud, Haute Ecole Pédagogique, Université de Lausanne ; Daniel Petterson, Université de Gävle, Suède ; Nelli Piatteova, Université de Tampere, Finlande ; Xavier Pons, Université Paris-Est, Créteil ;  Tom Popkewitz, University of Wisconsin-Madison, Etats-Unis ; Laetitia Progin, Haute Ecole Pédagogique, Université de Lausanne ; Tine S. Prøitz, University College of Southeast Norway ; Palle Rasmussen, Aalborg University, Denmark ; Risto Rinne, Université de Turku, Finlande ; Roberto Serpieri, Université Frédéric 2, Naples, Italie ;  Hannu Simola, Université de Turku, Finlande ; Noah Sobe, Université Loyola, Chicago, Etats-Unis ; Pierre Tulowitzki, Université du Ludwisburg, Allemagne ; Toni Verger, Université Autonome de Barcelone, Espagne, ZHANG Dan, Université Normale de l’Est de la Chine, Shanghai.  

 

 

 

References

Ball, Stephen J. « Big policies/small world: An introduction to international perspectives in education policy. » Comparative education 34.2 (1998): 119-130.

Ball, Stephen J. « Privatising education, privatising education policy, privatising educational research: Network governance and the ‘competition state’. » Journal of education policy 24.1 (2009): 83-99.

Ball, S.J. (2016) Following policy: networks, network ethnography and education policy mobilities, Journal of Education Policy, 31:5, 549-566.

Ball, Stephen J., and Christian Maroy. « School’s logics of action as mediation and compromise between internal dynamics and external constraints and pressures. » Compare 39.1 (2009): 99-112.

Biesta, Gert. « What is education for? On good education, teacher judgement, and educational professionalism. » European Journal of Education 50.1 (2015): 75-87.

Clarke, J. & Newman, J. (1997), The managerial state: power, politics and ideology in

the remaking of social welfare. Londres, Sage.

Dale, R. (1999). Specifying globalisation effects on national policy: a focus on the mechanisms”. Journal of Education Policy, 14 (1): 1-17.

Evans, Linda. « Professionalism, professionality and the development of education professionals. » British journal of educational studies 56.1 (2008): 20-38.

Evetts, J. (Ed.). (2008). Professional work in Europe: Concepts, theories and methodologies.

 Special Issue of European Societies, 10 (4), 525–544.

 Evetts, J. (2009). The management of professionalism: A contemporary paradox. In S. Gewirtz, P. Mahony, I. Hextall, & A. Cribb (Eds.), Changing teacher professionalism: International trends, challenges and ways forward  (pp. 19–30). London: Routledge.

Fenwick, T., & Landri, P. (2012). Materialities, textures and pedagogies: socio-material assemblages in education. Pedagogy, Culture & Society, 20(1), 1-7.

Gewirtz, S., Mahony, P., Hextall, I., y Cribb, A. (Eds.). (2009). Changing teacher professionalism: International trends, challenges and ways forward. Londres, Routledge.

Grek, S. (2009). Governing by numbers: The PISA ‘effect’in Europe. Journal of education policy, 24(1), 23-37.

Grek, S., & Lindgren, J. (Eds.). (2014). Governing by inspection. Routledge.

Gunter, H., Rayner, S., Butt, G., Fielding, A., Lance, A., & Thomas, H. (2007). Transforming the school workforce: perspectives on school reform in England. Journal of Educational Change8(1), 25-39.

Gunter, H. & Fitzgerald, T. (2013). New Public Management and the modernisation of education systems. Journal of Educational Administration and History, 45 (3): 213-219.

Gunter, H. M., Grimaldi, E., Hall, D., & Serpieri, R. (Eds.). (2016). New public management and the reform of education: European lessons for policy and practice. Routledge.

Hood, C. (1991), “A public management for all seasons?” Public administration, 69 (1), pág. 3–19.

Lindblad, S., & Popkewitz, T.S. (2004). Educational restructuring: (re) thinking the problematic of reform. In. S. Lindblad & T.S. Popkewitz (eds.), Educational Restructuring: Perspectives on Traveling Policies. Greenwich, US: Information Age Publishing.

Lingard, Bob, and Shaun Rawolle. « New scalar politics: Implications for education policy. » Comparative Education 47.4 (2011): 489-502.

Mahony, P. y Hextall, I. (2000), Reconstructing teaching: standards, performance and accountability. London, Routledge.

OECD (2005). Teachers Matter: Attracting, developing and retaining effective teachers. OECD Publishing.

Ozga, J. & Lingard, B. (2007). Globalisation, education policy, and politics. In B. Lingard & J. Ozga (eds.) The Routlege/Falmer in Education Policy and Politics. New York: Routledge.

Ozga, J., Dahler-Larsen, P., Segerholm, C., & Simola, H. (Eds.). (2011). Fabricating quality in education: Data and governance in Europe. Routledge.

Pollitt, C. (1990), Managerialism and the Public Services: The Anglo-American Experience. Oxford, Blackwell.

Pollitt, C. y Bouckaert, G. (2004), Public Management Reform: A Comparative Analysis [2a Edición]. Oxford, Oxford University Press.

Popkewitz, T.  (2000). Globalization/Regionalization, knowledge, and the educational practices. In T.S. Popkewitz (Ed.) Educational Knowledge: changing relationships between the state, civil society, and the educational community. Albany: State University of New York Press.

Robertson, S. L. (2012). ‘Placing’ teachers in global governance agendas. Comparative Education Review, 56 (3):  584-607.

Robertson, S. L. (2013) Teachers’ work, denationalisation, and transformations in the field of symbolic control: a comparative account. In T. Seddon & J.S. Levin (eds.), Education, Professionalism, and Politics: Global transitions, national spaces, and professional projects [World-yearbook of Education 2013]. London: Routledge.

Schleicher, A. (ed.) (2012) Preparing Teachers and Developing School Leaders for the 21st Century: Lessons from around the World. OECD Publishing.

Seddon, T., & Levin, J. (Eds.). (2013). Educators, professionalism and politics: Global transitions, national spaces and professional projects. Routledge.

Seddon, T., Ozga, J. & Levin, J.S. (2013). Global transitions and teacher professionalism. In T. Seddon & J.S. Levin (eds.), Education, Professionalism, and Politics: Global transitions, national spaces, and professional projects [World-yearbook of Education 2013]. London: Routledge.

Sellar, S., & Lingard, B. (2013). The OECD and global governance in education. Journal of Education Policy, 28(5), 710-725.

Sellar, S., & Lingard, B. (2014). The OECD and the expansion of PISA: New global modes of governance in education. British Educational Research Journal, 40(6), 917-936.

Steiner-Khamsi, G., & Waldow, F. (Eds.). (2012). World yearbook of education 2012: Policy borrowing and lending in education. Routledge.

Williamson, B. (2016). Digital education governance: data visualization, predictive analytics, and ‘real-time’policy instruments. Journal of Education Policy, 31(2), 123-141.